Mi-fugue, mi-raison

Dans le cratère du volcan Nevado de Toluca

Publié dans la catégorie Mexique, le 13 janvier 2018

Après Puebla la colorée et Taxco la blanche, voici Toluca la… moche ! C’est la dernière étape de notre escapade dans les environs de Mexico. En approchant en bus, un épais nuage de pollution nous chatouille les narines. Peu importe, c’est le volcan voisin appelé Nevado de Toluca que nous venons découvrir et du haut de ses 4680m, celui-ci s’extirpe largement au-dessus des effluves de pots d’échappement.

À la recherche d’idées de visites dans la région, nous sommes restés scotchés devant les photos de l’intérieur de ce volcan, souvent enneigé et agrémenté d’un joli lac. Mettons fin au suspense, nous n’avons pas eu droit de le voir dans un blanc manteau, mais les paysages et l’expérience valaient tout de même bien le détour !

Volcan Nevado de Toluca, Mexique

 

« Vous aimez les volcans, dites donc ! »

Allez, nous avouons tout, nous avons un faible pour ces grosses bébêtes grincheuses. D’abord, parce que nous adorons les paysages de montagne et les vues grandioses. Ensuite, parce que chaque volcan nous transporte dans son propre univers, souvent très dépaysant. Enfin, nous avons le sentiment de défier des forces qui nous dépassent, de jouer avec le feu… même si ce n’est finalement pas beaucoup plus risqué que l’ascension d’un escabeau !

Dessin : ça dépend du volcan

 

Aventuriers… mais pas fous !

Notre plus grande difficulté pour visiter le volcan Nevado de Toluca ne fut pas la montée en elle-même, mais plutôt le manque d’informations sur Internet. Nous nous sommes posé beaucoup de questions. Lorsque nous arrivons à Toluca, notre hôte nous explique qu’il connaît deux moyens de monter sur le sommet qui surplombe la ville :

  1. Façon princesse : en faisant l’aller-retour en taxi
  2. Façon aventurier : en commençant en bus et en terminant en stop, si nous avons de la chance

Évidemment, présenté ainsi, nous optons pour la deuxième solution. Nous avons une réputation à défendre ! Le lendemain, nos réveils sonnent à 6h, l’heure des braves. Notre motivation est inébranlable. Nous sommes prêts à en découdre avec ce tout petit volcan, même pas capable de dépasser le mont Blanc.

Dessin : euh... il fait 4°C seulement dehors...

Nous votons à l’unanimité pour deux heures supplémentaires au chaud sous la couette. Le thermomètre affiche 10°C lorsque nous mettons le nez dehors à 8h30, c’est déjà mieux !

 

L’ascension jusqu’au cratère du Nevado de Toluca

(Les informations pratiques sont en bas de l’article)

Le bus monte, monte, monte, sur une trentaine de kilomètres avant de nous déposer au village le plus proche du sommet. Là, un chemin cabossé de 14km s’échappe vers les hauteurs. Nous envisageons pendant quelques minutes de le grimper à pied avant de nous raviser. Entre le dénivelé et le manque d’oxygène, il nous faudrait facilement cinq heures pour en venir à bout ! Alors nous nous postons à l’entrée du chemin, pouces levés, et affichons nos plus beaux sourires.

La chance nous sourit rapidement. Trois jeunes nous embarquent dans leur 4×4. Nous sympathisons, ils viennent de Mexico, étudient la philosophie et l’architecture et profitent des vacances de fin d’année pour passer la journée au volcan avec leur immense chien de 62kg. La forêt s’efface progressivement et la vue se dégage sur la vallée.

Volcan Nevado de Toluca, Mexique
Ville de Toluca et pollution

La ville de Toluca, coiffée de son nuage de pollution…

Nevado de Toluca, Mexique

Quelques années plus tôt, la route menait les voitures directement à l’intérieur du cratère. En réaction au nombre croissant de déchets laissés sur place, il fut décidé de fermer la dernière portion et de contraindre les visiteurs à grimper l’ultime kilomètre à pied. Visiblement cela fonctionne, le cratère est bien propre, mais pfiou, ce kilomètre est fatigant ! Nous soufflons comme des bœufs alors que les Mexicains gambadent comme des chamois autour de nous. C’est de la triche, ils vivent pour la plupart entre 2000 et 2500m d’altitude, sur les hauts plateaux du centre du pays !

 

Le cratère et ses deux lacs

Une fois sur la corniche, nous découvrons le cratère. Et quel cratère ! Deux kilomètres de diamètre. Un calme intense se dégage du lieu, comme si le temps s’était figé depuis la dernière éruption, trois mille ans plus tôt.

Des habitués nous expliquent que la neige se fait de plus en plus rare chaque année.

Cratère du volcan Nevado de Toluca Volcan Nevado de Toluca, Mexique

Le point culminant se trouve sur notre droite, trois cents mètres plus haut. Même s’il est possible de s’en approcher, seuls les alpinistes aguerris et bien équipés peuvent franchir les obstacles qui mènent au sommet. Nous préférons nous engager dans le cratère et suivre le chemin qui longe les deux lacs.

Le premier, de petite taille, s’appelle le lac de la Lune. Le nom est bien choisi, sa couleur bleutée éclate lorsque nous le contournons.

Cratère du volcan Nevado de Toluca Lac de la lune, Nevado de Toluca

Autour de nous, la végétation est jaunie par l’aridité de l’hiver mexicain. En y regardant de plus près, nous remarquons des milliers de fleurs séchées, que les locaux surnomment « roses des neiges ». Si vous aimez vous accroupir pour prendre des photos, attention aux fesses, ça pique autant qu’un cactus !

Plantes Eryngium monocephalum Lac du Nevado de Toluca, Mexique

Le deuxième lac, celui du Soleil, est encore plus envoûtant. Les étranges reflets colorés que nous apercevons s’avèrent provenir des algues vertes et jaunes qui tapissent ses rebords.

Lac du soleil, Nevado de Toluca Volcan Nevado de Toluca, Mexique Volcan Nevado de Toluca, Mexique Volcan Nevado de Toluca, Mexique

Même si le parking est bondé, le volcan est vaste et nous avons l’impression de l’avoir pour nous seuls. Nous pique-niquons, flânons, prenons des photos… tant et si bien que nous restons plus de trois heures dans le cratère.

Descente vers Toluca

La descente en auto-stop est un jeu d’enfant, nous trouvons notre pilote en quelques minutes seulement. Elle s’appelle Gabriela, dessine des bijoux à Mexico et a vécu pendant une année en France ! Pour terminer la journée en beauté, nous nous faisons une autre amie en attendant le bus. Celle-ci s’éclipse quelques instants dans un magasin… pour nous offrir un paquet de biscuits.

Est-ce que nous vous avons déjà dit que nous aimions les Mexicains ?

 

Conseils pratiques pour visiter le volcan Nevado de Toluca

Venir au volcan en voiture : Si vous êtes motorisés, le volcan se rejoint en 2h-2h30 depuis la capitale Mexico. Ce n’était pas notre cas. Nous nous sommes donc approchés du volcan en passant deux nuits dans la ville de Toluca.

Venir à Toluca depuis Taxco en bus : Un bus de la société Flecha Roja part toutes les 40 minutes vers Toluca (durée 3h, prix 150 pesos). Le terminal de départ est facile à trouver, il s’agit du même que celui des compagnies Estrella Blanca ou Costa Line. Les sièges sont tout confort, mais ne vous goinfrez pas avant car la route est un enchaînement continu de virages et notre chauffeur prenait un malin plaisir à appuyer sur le champignon !

Venir à Toluca depuis Mexico en bus : Nous avons effectué ce trajet en sens inverse pour repartir de Toluca. Les départs sont très fréquents entre plusieurs terminaux de Mexico et l’unique terminal de Toluca. Nous avons choisi le terminal Observatorio de Mexico et la compagnie Flecha Roja (durée 1h30, prix 67 pesos). Ce terminal Observatorio nous arrangeait bien car il est relié au terminal TAPO (Oaxaca, Tuxtla…) par une ligne de métro (trajet en métro : 30 minutes pour 5 pesos).

Dormir à Toluca : Les choix d’hôtels n’étant pas très satisfaisants, nous avons dormi dans un petit studio trouvé sur Airbnb (~20€ la nuit), situé en plein centre de Toluca dans un quartier sûr et proche de plusieurs supérettes pour préparer son pique-nique. Nous le recommandons. En cas d’indisponibilité, consultez le profil de l’hôte Abraham, il propose trois autres chambres. Et si vous n’avez pas encore de compte Airbnb, économisez 34€ en utilisant notre lien de parrainage.

Se rendre à Raices, le village le plus proche du sommet du volcan : Commencez par vous rendre au terminal de bus de Toluca. Pour cela nous avons appelé une voiture avec l’application Uber (3km, 30 pesos). Une fois dans le hall principal, repérez le guichet de la compagnie Zina et demandez un billet pour Raices. Le prix est de 33 pesos et les horaires sont 7h20, 8h20, 9h20, 10h50, 12h20, 13h20, 14h20, etc. De toutes façons, il vaut mieux ne pas partir après 14h20 si vous souhaitez profiter sur place. Le trajet dure environ 50 minutes. Le bus nous a laissés dans le village, mais le chemin se trouve 700m plus loin. Essayez de négocier avec le chauffeur pour qu’il vous y dépose directement.

Monter de Raices jusqu’au parking près du cratère: Une fois sur le chemin de terre, il reste 14km ou environ 45 minutes en voiture, tant la piste est bosselée. C’est là que l’aventure commence ! Pour nous, l’auto-stop fut un succès. Nous étions en pleine période de vacances mexicaines et une voiture s’engageait sur le chemin toutes les cinq minutes environ. Il paraît que les week-ends sont eux aussi propices au stop, mais que les voitures se font rares en semaine. Si c’est votre cas, deux solutions s’offrent à vous : soit vous attendez qu’un taxi vide passe sur la route principale, soit vous marchez 3km jusqu’à la barrière et vous demandez au gardien s’il peut vous aider. Il paraît qu’il peut servir de taxi aux touristes disposés à payer.

Accéder au cratère du Nevado de Toluca depuis le parking : C’est la dernière étape, mais pas la plus aisée : 1km de pente jusqu’à la corniche. Courage !

Rentrer à Toluca depuis Raices : Les bus passent à l’heure pile (14h, 15h, 16h…). Un autre bus a accepté de nous déposer à Toluca, malgré l’affichette « directo Mexico » à l’avant. Ça vaut le coup de tenter.

Prix d’entrée dans le parc national : L’entrée est gratuite pour les piétons, 40 pesos par voiture. La barrière se trouve au bout de 3km sur le chemin de terre.

Gérer l’altitude : Ne prenez pas cette difficulté à la légère. Vous aurez le souffle court, un manque d’énergie, voire éventuellement le mal de l’altitude. Celui-ci touche 65% des gens à cette altitude, heureusement il ne se déclenche qu’au bout de 4h. Redescendez immédiatement si vous ne vous sentez pas bien. Évitez l’alcool, buvez beaucoup d’eau et apportez à la fois des aliments bien sucrés (voire directement du sucre) et bien salés (chips). Nous avons bénéficié d’une journée clémente (8-10°C) car le soleil était de sortie, mais les températures restent parfois très froides (0°C). Enfin, badigeonnez-vous de crème solaire pour vous protéger des rayons UV particulièrement agressifs en altitude et de stick à lèvres pour protéger celles-ci de la sécheresse de l’air.

Quand venir pour voir le volcan sous la neige ? Apparemment, le mois le plus propice serait février.

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Ce que nous aimons, c'est prendre notre temps. Alors, nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter, afin de nous imprégner des ambiances particulières à chaque coin du monde. Pour en savoir plus, c'est ici.



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8 réponses à “Dans le cratère du volcan Nevado de Toluca”

  1. Bernard & Isabelle dit :

    Impressionnant et magnifique ce volcan ! Grâce aux superbes photos, nous y sommes ! Merci pour cette nouvelle découverte partagée.

  2. Sego dit :

    Eh ben dis donc, ça a l’air plus difficile que les autres ce volcan ! Est=ce que vos autres volcans étaient si hauts ? Ben bravo alors 🙂

    • mifuguemiraison dit :

      Pas si difficile en randonnée grâce à la route qui dépose pratiquement au cratère, mais ça commence à faire élevé au niveau de l’altitude !

      Sur le blog, notre précédent record était le Teide aux Canaries à 3718m. Mais hors blog, nous étions montés jusqu’à 5000m d’altitude sur le volcan Chimborazo. T’as pas intérêt à être asthmatique !

  3. Pauline dit :

    C’est marrant les lacs portent bien leurs noms lune et soleil. J’imagine qu’il y a plus de risques à faire une mauvaise chute sur les cailloux qu’à voir le volcan se réveiller sous vos pieds !

    • mifuguemiraison dit :

      Oui, et le Soleil et la Lune sont deux symboles qu’on retrouve souvent dans la culture aztèque.

      C’est sûr, il y a toujours un petit risque à randonner en montagne, mais là ça va, il n’y a pas trop de précipices !

  4. geoffrey dit :

    Il a l’air joli ce volcan ! Un paysage très andin. Je suis comme vous, je ne me lasse jamais des volcans. Et j’adore ce temps frais-ensoleillé-sec !

    « Évidemment, présenté comme cela, nous optons pour la deuxième solution. Nous avons une réputation à défendre ! »
    Hum hum ! Le volcan Egon à Florès, vous avez pris l’option princesse si mes souvenirs sont bons… Mais tant mieux, vous progressez dans l’aventurisme, vous êtes plus débrouillards ! Enfin on attend plus qu’un kilomètre la prochaine fois 😉

    J’ai d’excellents souvenirs de stop au Mexique, il marche très bien dans tout le pays, surtout avec l’amabilité des Mexicains, on peut faire de beaux trajets si on se poste au bon endroit.

    Vous donnez de très bons conseils pour voyageurs. On attend la prochaine étape ! Bises

    • mifuguemiraison dit :

      Oui, le volcan a un air de Cordillère des Andes, avec ses touffes d’herbe et ses couleurs. Il manque juste les lamas !

      L’option princesse c’est parce qu’on voulait démarrer avant le lever du soleil et qu’il n’y avait pas encore de bus à cette heure-là. Et puis bon, il fallait voir les scooters pourris à l’arrière desquels on est monté 😀

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