Mi-fugue, mi-raison

Bacalar : la lagune aux sept nuances de bleu

Publié dans la catégorie Mexique, le 29 novembre 2017

Nous commençons à avoir accumulé de beaux souvenirs d’eaux turquoise à travers le monde. Mais aujourd’hui, nous allons vous présenter les plus splendides de toutes, celles de Bacalar.

La lagune de Bacalar est située tout au sud de la péninsule du Yucatán, à proximité d’un petit pays méconnu, le Belize. Sur la route depuis Tulum, notre bus traverse sur près de deux cents kilomètres une immense jungle où l’homme est rare et le jaguar est roi.

 

La ville de Bacalar

Première impression : Bacalar est une ville reposante. Les rues et les bâtiments sont plus simples qu’à Tulum, les prix sont plus justes et les sourires plus spontanés. Nous avons bel et bien quitté la Riviera Maya et son tourisme à la Disneyland.

Village de Bacalar, Mexique Coccinelle à Bacalar

Nous posons nos bagages chez Adela, une mamie haute comme trois pommes, peut-être quatre. Elle lève un grand sourire vers nous et s’excuse de ne pas connaître l’anglais, elle qui a déjà du mal à parler espagnol plutôt que son maya maternel. Elle tient une petite épicerie où elle vend essentiellement du Coca-Cola et des nappes en plastique à 30 pesos le mètre. Juste au-dessus, nous découvrons notre chambre, modeste mais impeccablement tenue.

Dessin : Notre hôte Adela à Bacalar

 

La lagune aux sept couleurs

Allez, arrêtons d’entretenir le suspense. Vous voulez voir la lagune et nous aussi ! Nous courons sur un ponton et tombons… en admiration.

Lagune de Bacalar, Yucatán, Mexique

Le plus inattendu, ce sont les nuances de couleurs. L’eau est intensément claire par endroit, puis très sombre quelques mètres plus loin, en fonction de la profondeur de la lagune. Vous réaliserez peut-être mieux avec cette photo capturée par notre drone Google Maps :

Image satellite Google Maps de Bacalar

Nous restons sur notre ponton jusqu’au coucher du soleil, alternant baignade dans l’eau chaude et contemplation béate ! À mesure que le soleil descend, les couleurs se renouvellent.

Lagune de Bacalar, Yucatán, Mexique Coucher de soleil à Bacalar, Mexique

Le lendemain matin, nous ne pouvons nous empêcher de revenir assister au lever du soleil. Nous ne sommes pas seuls. Des silhouettes se distinguent au bout de chaque ponton. L’astre émerge soudain de la lagune, dans un silence religieux.

Lever de soleil à Bacalar, Mexique Lever de soleil à Bacalar, Mexique Lever de soleil à Bacalar, Mexique

 

À vélo vers les cénotes de Bacalar

Chez un réparateur aux mains pleines de cambouis, nous louons deux vélos un peu vieillots. Ce sera bien suffisant pour les 4-5km de route jusqu’au Cenote Azul. Dommage, celui-ci n’est pas le lieu naturel et tranquille que nous imaginions. Il s’agit plutôt d’un grand resto-bar dont l’entrée est payante et qui sert essentiellement des fritures et joue de la musique latino.

Cenote Azul, Bacalar, Mexique

Malgré son nom qui signifie bleu, le Cenote Azul est le plus sombre des quatre cénotes de Bacalar. Et pour cause, il s’enfonce abruptement, sans crier gare, à 90m de profondeur.

 

Dessin : le monstre marin du Cenote Azul

Nous ne nous attardons pas et tentons notre chance au Cenote Cocalitos tout proche. L’entrée est également payante, mais nous préférons largement l’aménagement de celui-ci. Une petite terrasse ombragée avec (encore) de la musique, une pelouse pour s’étendre, ainsi qu’une belle eau claire qui nous attire irrésistiblement !

Cenote cocalitos, Bacalar, Mexique Cenote cocalitos, Bacalar, Mexique Cenote cocalitos, Bacalar, Mexique

Le cénote en lui-même, le trou, se trouve une trentaine de mètres plus loin, à l’endroit où l’eau s’obscurcit subitement. Nous découvrons aussi des stromatolithes. Cela ressemble à des blocs de pierre, c’est dur comme de la pierre, mais c’est vivant. Rassurez-vous, ils ne vous croqueront pas un doigt de pied puisque leur seul mouvement consiste à croître de 0,4 millimètre par an.

Stromatholites au Mexique

Sur le chemin du retour vers le village, nous roulons doucement pour guetter les pontons et les points de vue sur la lagune entre les arbres et les maisons. Nous ne nous lassons pas de ces apparitions paradisiaques !

Lagune de Bacalar, Yucatán, Mexique Lagune de Bacalar, Yucatán, Mexique Lagune de Bacalar, Yucatán, Mexique Lagune de Bacalar, Yucatán, Mexique

 

Les pirates des Caraïbes

Nous rendons ensuite visite au fort San Felipe, vestige historique de Bacalar, bâti pour lutter contre les attaques de pirates.

Fort de San Felipe, Bacalar El Fuerte de San Felipe, Bacalar

Le fort abrite un musée assez intéressant qui retrace l’histoire de Bacalar, en s’attardant notamment sur les sanguinaires Pirates des Caraïbes, les vrais, qui rodaient souvent dans le coin aux XVIe et XVIIe siècles.

À l’époque, Espagnols et Portugais s’étaient mis d’accord pour se partager l’exploitation commerciale des Amériques et interdisaient aux autres nations européennes d’approcher. Afin d’obtenir leur part du gâteau, ces dernières envoyaient alors en catimini des corsaires pour attaquer les navires marchands ou soutenaient en douce les pirates.

Dessin : Pirate demandant de l'aide au Roi de France

Les pillages se réduisirent par magie lorsque les pays ibériques autorisèrent par exemple les Français à s’installer en Guyane et les Anglais au Belize.

 

Ambiance du soir à la mexicaine

En soirée, nous découvrons une sympathique ambiance sur la place principale. Nous réaliserons plus tard que ce n’est pas typique à Bacalar, mais à tout le Mexique. Les habitants se retrouvent au milieu du village à la nuit tombée pour se promener, écouter de la musique, jouer avec les enfants… Nous avons même droit à un spectacle de clowns qui plie tout le monde en deux. À un petit stand nous commandons des spécialités du Yucatán, les marquesitas. Ce sont des sortes de crêpes, aussi croustillantes que des gaufrettes et généralement garnies de Nutella et de fromage. Oui vous avez bien lu, les deux dans la même crêpe !

Stand de Marquesitas à Bacalar Stand de Marquesitas à Bacalar

 

Notre avis sur Bacalar

Comme c’est beau ! L’un des plus beaux endroits du monde, sérieusement. Pour ne rien gâcher, l’ambiance de la ville est agréable, les habitants sont sympathiques et le tourisme ne s’est pas (encore ?) industrialisé. À ne pas manquer si vous voyagez dans le Yucatán !

Conseils pratiques sur Bacalar

Venir depuis Tulum : Nous avons réservé un bus ADO de 1ère classe, tout confort. Les bus sont fréquents, un par heure environ, et le trajet dure 2h50 pour 120 pesos par personne. Nous avons bénéficié de 50% de réduction en réservant plusieurs jours à l’avance (voir notre article Réserver un bus au Mexique).

Se loger à Bacalar : Pour une expérience authentique, nous vous recommandons la petite maison d’hôtes de mamie Adela ! Elle est modeste mais bien située dans le village, à 3 minutes à pied de la lagune, avec une chambre impeccable, la clim et de l’eau chaude. Elle est réservable sur AirBnb (chambre 1, chambre 2). Vous pouvez aussi tenter directement sur place, comme nous, si vous constatez qu’une chambre est encore disponible. Le tarif tombe alors à 550 pesos la nuit.

Restaurant à Bacalar : Nous avons adoré le petit restaurant La Piña. Les plats mexicains sont excellents, tout comme les pizzas (seulement en soirée), avec de nombreux choix végétariens. Le tout est servi avec bonne humeur dans une jolie cour. Notre meilleure adresse au Mexique jusqu’à présent !

Visite du fort San Felipe : La visite est rapide mais nous avons apprécié les explications (en anglais ou espagnol) du musée. Ouverture de 11h à 19h sauf le lundi, prix d’entrée 75 pesos.

Cénotes : Le Cenote Azul, tout comme le Cenote Cocalitos, sont aménagés et l’entrée coûte 25 pesos. Lorsque certains tours organisés en bateau proposent d’observer les stromatolithes, il s’agit de ceux du Cenote Cocalitos. Plus proche de la ville, il serait possible de rejoindre le Cenote La Bruja en entrant via l’École normale puis en suivant un sentier. Nous n’avons pas tenté.

Location de vélos : Nous avons repéré deux loueurs de vélo. Le premier, situé près de la place principale, a de beaux vélos récents un peu chers à 170 pesos la journée. Le second, que nous avons choisi, n’a que deux vélos un peu moins beaux à disposition, qui roulent tout de même bien, à 100 pesos la journée. Il s’appelle La Chiwa et se situe ici.

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Ce que nous aimons, c'est prendre notre temps. Alors, nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter, afin de nous imprégner des ambiances particulières à chaque coin du monde. Pour en savoir plus, c'est ici.



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14 réponses à “Bacalar : la lagune aux sept nuances de bleu”

  1. Laura Jones dit :

    votre blog est vraiment super !!!!!! Je l’ai découvert après une recherche sur les îles karimunjawa ( nous allons un mois en Indonésie en septembre prochain ) er nous voulons aussi visiter le Mexique alors vivement vos prochains articles !! a la différence que nous envisageons la location de voiture. vous êtes vous senti en insécurité !?

    • mifuguemiraison dit :

      Merci, ça nous fait super plaisir ! Vous allez adorer l’Indonésie, tout le monde adore !

      Non, nous ne nous sommes jamais sentis une seule fois en insécurité au Mexique. C’est vraiment très sûr dans le Yucatán, le Chiapas, Oaxaca… Il y a par contre des états plus craignos, surtout vers les US, peu recommandés pour nous les touristes. Bref, partez sans crainte ! C’est vrai que beaucoup découvrent le Mexique en voiture. Ça doit être utile pour explorer les cénotes perdus, mais le pays est immense et nous n’avions pas envie de passer nos journées au volant.

  2. Audrey No dit :

    Je retiens le cenotes cocalitos! Bacalar étant bien évidemment sur notre route. Merci pour les tuyaux !

  3. Sego dit :

    Ay, caramba ! Encore un endroit magnifico ! Je me mangerais bien aussi une petite crêpe nutella fromage (fondu ?) tiens ! Trop forte la pieuvre 🙂

    • mifuguemiraison dit :

      C’est clair, la nature est belle dans ce coin du monde !

      Oui, c’est du fromage rapé fondu et plus précisément du gouda, si tu veux reproduire chez toi 🙂

  4. Martine dit :

    Trop marrant , le dessin de la pieuvre !

  5. Isabelle dit :

    Quelle belle palette de couleurs ! Et en plus l’eau est chaude !

  6. Marie dit :

    Wouhaaa, trop beau !!! alors, là ça donne vraiment envie !! Vous êtes resté combien de temps ? et l’arrière pays, c’est beau aussi ? y a des randos à faire ou trop chaud ? Biz

    • mifuguemiraison dit :

      On est restés trois jours sur place, pas juste pour profiter de la lagune mais aussi pour avancer dans notre travail 🙂

      Par contre, c’est vrai qu’on n’a pas précisé mais l’arrière-pays n’est pas très intéressant. Ce n’est pas que nous avions trop chaud, mais c’est une jungle à perte de vue, qui n’offre pas possibilité de randonnée… C’est une région très sauvage. Alors on vient ici pour la lagune et pas grand-chose d’autre !

  7. geoffrey dit :

    Va falloir vous habituer à la musique latino à fond sur toute l’Amérique Latine !
    Géniaux les dessins.

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