Mi-fugue, mi-raison

Villa de Leyva et Barichara : deux adorables villages en Colombie

Publié dans la catégorie Colombie, le 12 mai 2018

Après l’île de San Andres, nous atterrissons à Bogota, la mégalopole qui regroupe neuf millions d’habitants. Nous décidons de ne pas nous attarder dans la capitale pour le moment et de nous diriger vers plusieurs villages de montagne repérés à quelques heures de bus au nord-est. Voici Villa de Leyva et Barichara !

Carte de Villa de Leyva et Barichara en Colombie

 

Premières impressions colombiennes

Dans le bus, nos yeux écarquillés fixent chaque montagne verdoyante, chaque ranch éparpillé, chaque vache, chaque sapin, pour tenter de comprendre ce pays énigmatique dont les visiteurs disent tant de bien.

Première constatation : les paysages sont pour l’instant assez familiers. Nous ne nous sentons pas à l’autre bout du monde. Nous avons l’impression d’être en Europe, de traverser la Suisse ou les Balkans.

Dessin : Paysages colombiens

Deuxième constatation : la Colombie est le pays des nuages bas. Ils nous ont accueillis le premier jour et ne nous ont pas quittés depuis. Ils ne font souvent que passer, mais certains s’amusent de temps en temps à se délester au-dessus de nos têtes. Et comme nous évoluons entre 1500 et 2500 mètres d’altitude, il fait même parfois un peu frais. Voilà un pays tropical qui s’en cache bien !

Dessin : Sous la pluie des tropiques

Troisième constatation : les trajets en bus peuvent être dangereux. Comme notre chauffeur se prend pour Juan Pablo Montoya dans les virages, Mi-raison reçoit tour à tour une gourde et un sac à dos sur la tête sous les rires des autres passagers.

Alors on a investi dans des casques de chantier pour nos prochains trajets

 

Villa de Leyva : ruelles blanches et balcons en bois

Petite ville aux rues pavées, nichée entre de sombres montagnes, Villa de Leyva nous plait immédiatement. De ses murs blancs dépassent tantôt d’élégants balcons de bois, tantôt des arbres en fleurs. Nous aimerions écrire que c’est un plaisir de s’y perdre, mais c’est impossible, il n’y a que quelques rues et elles sont toutes à angles droits !

Villa de Leyva, Boyacá, Colombie Villa de Leyva, Boyacá, Colombie

Le symbole de la ville est son immeeeeeense place principale, surdimensionnée par rapport au nombre d’habitants, et sa petite église.

Villa de Leyva, Colombie Villa de Leyva, Colombie

Comme nous arrivons un dimanche, la ville est assiégée par les touristes colombiens. Les touristes étrangers, vous l’aurez compris, sont encore un peu frileux (à tort !). Ce qui nous surprend, c’est la vitesse de croisière des Colombiens. Tandis que leurs corps penchent du côté gauche, nous avons le temps de faire trois pas. Puis, trois autres pas lorsqu’ils penchent à droite. Il va peut-être falloir que nous arrêtions de penser et de dire que nous voyageons lentement…

Eux semblent surpris de nous voir pique-niquer sur un banc. Comme sur l’île de San Andres, tous les passants nous dévisagent et observent attentivement nos aliments. Nous en venons presque à nous demander si le pique-nique ne serait pas interdit !

Villa de Leyva, Colombie Villa de Leyva, Colombie

Villa de Leyva est une ville dont le tour se fait rapidement (sauf si vous adoptez la vitesse de marche colombienne bien sûr). Nous y restons deux nuits et revisitons la ville le lendemain, plus calme une fois vidée de ses touristes et des voitures immatriculées « Bogota ».

Villa de Leyva, Colombie Villa de Leyva, Colombie

Pour le petit-déjeuner, nous repérons un tout petit café et nous installons sur l’unique table en terrasse. En face, des mamies déploient les stands de leur tout petit marché. Leurs bouquets de poivre rose diffusent un incroyable parfum qui fait frétiller les narines des mètres à la ronde. Vous saviez que de tout petits grains de poivre pouvaient sentir aussi bon ?

Villa de Leyva, Boyacá, Colombie Villa de Leyva, Boyacá, Colombie Villa de Leyva, Boyacá, Colombie Villa de Leyva, Boyacá, Colombie

Une fois nos forces prises, nous nous attaquons au mirador. Cinquante minutes d’une raide ascension nous mènent à la statue du Christ, particulièrement fier de nous présenter son royaume.

Mirador de Villa de Leyva, Colombie Mirador de Villa de Leyva, Colombie Mirador de Villa de Leyva, Colombie

Après ce premier contact réussi avec la Cordillère des Andes, nous redescendons à pied jusqu’à la Casa Terracota. Il s’agit d’une maison toute en terre cuite, façonnée par un architecte original à l’orée du village. Il est possible de la visiter pour 10 000 pesos.

Casa Terracota, Villa de Leyva, Colombie

Savez-vous ce qui nous marque le plus, sur ces trois premiers jours en Colombie ? L’accueil des Colombiens. Ils sont doux, souriants, délicats, bienveillants… un vrai plaisir à côtoyer. Juste un exemple : le matin de notre départ, notre hôte Iolanda nous accompagne sur le perron dans son pyjama à fleurs, nous fait la bise et nous souhaite tout le bonheur du monde.

Conseils pratiques sur Villa de Leyva

Dormir à Villa de Leyva : Nous avons logé à la Casa de Huéspedes Faletto (~22€)i, un lieu simple qui propose de très jolies chambres à cinq minutes à pied du centre-ville, avec vue sur la montagne. Aux manettes, l’adorable Iolanda !

Petit déjeuner en terrasse : Nous avons apprécié le café Montserrat1388. Attention, il n’y a qu’une seule petite table dans la rue !

Pique-niquer : La boutique Tienda Vegana Tahini vend un excellent houmous, à accompagner du pain frais de la boulangerie Astral. Ajoutez-y éventuellement une glace ou bien l’intense chocolat chaud aux épices de chez Chocolatte.

Dîner à Villa de Leyva : Nous vous recommandons le restaurant Savia : une cuisine plutôt raffinée, de bons choix végétariens et une jolie cour. Le plat est à 20 000 pesos environ.

Venir depuis Bogota en bus : Depuis le terminal de Bogota, plusieurs bus directs partent chaque jour. Vous pouvez obtenir les horaires sur ce site. Entrez le nom de la ville et cliquez pour consulter les horaires de chaque compagnie. Le numéro de « modulo » indique la salle d’embarquement, les lettres « L-D » signifient de lundi à dimanche, tandis que les lettres « S-D-F » signifient les samedis, dimanches et jours fériés. Comptez environ 24 000 pesos pour 4h de route.

 

Barichara : tuiles orange et portes colorées

Encore plus mignon que Villa de Leyva (c’est possible !), voici Barichara, un superbe village aux murs blancs et aux toits orangés. Vous trouverez peut-être, comme nous, qu’il a un air de village andalou.

Barichara, Santander, Colombie Barichara, Santander, Colombie Barichara, Santander, Colombie

En arrivant, nous sommes un peu déconcertés par l’absence de vitres aux fenêtres de notre chambre. Et puis, nous remarquons progressivement que tout le village est conçu ainsi. Alors soit le vitrier du coin est vraiment cher, soit les vitres sont inutiles lorsque les températures oscillent toute l’année entre 18 et 25°C et que les rues sont aussi calmes.

Barichara, Santander, Colombie

Car oui, Barichara a beau être magnifique, ses rues sont surprenamment vides. Il n’y a qu’à la sortie des classes que, tout à coup, une vague animation agite les rues et nous rassure : il y a bien des gens qui vivent ici. Mais alors que font-ils, toute la journée ?

Barichara, y'a quelqu'un ?

Les rares Colombiens que nous croisons sont toujours aussi sympas. Un policier nous aborde avec le sourire.

– Vous venez d’où ?

– De France.

– Ah ! Rrrrrrénial ! Et vous restez combien de temps en Colombie ?

– Euh… deux ou trois mois.

– Ah ! Rrrrrrénial ! Portez-vous bien !

L’air de rien, notre niveau d’espagnol continue de s’améliorer et nous nous sentons de moins en moins bêtes face à nos interlocuteurs. À côté de lui, un marchand tente de nous vendre ses fourmis grillées, une spécialité de la région. Cette fois, voyez-vous, nous aurions peut-être préféré ne pas comprendre !

Barichara, Santander, Colombie Cimetière de Barichara, Santander, Colombie Barichara, Santander, Colombie Barichara, Santander, Colombie

Ici encore, nous posons nos bagages pour deux nuits. Cela nous laisse le temps d’entreprendre l’une des randonnées de la région. Les collines sont quadrillées par un réseau d’anciens Caminos Reales, c’est-à-dire Chemins Royaux, commandés par la couronne d’Espagne. Nous choisissons l’un des plus courts, celui qui rejoint le village de Guane en une heure et demie.

Chemin royal entre Barichara et Guane

Les pavés devaient être en meilleur état autrefois, mais la promenade est sympathique. Le chemin commence par un beau panorama sur la vallée, puis descend au creux de celle-ci, où nous croisons des vaches (la Colombie est aussi le pays des vaches), des lézards aux reflets colorés, de superbes oiseaux (la Colombie est aussi le pays des oiseaux), des flamboyants en fleurs, quelques paysans…

Chemin royal entre Barichara et Guane

D’une cabane au milieu d’un champ de cacaoyers, s’élève la rumeur d’un match de football. Au fait, mais c’est l’heure du match amical France-Colombie ! Nous crions :

– VIVA FRANCIA!

Ce à quoi un papi nous répond :

– AH NON ! J’ai parié un million sur la Colombie !

La petite plantation devait être en fête, une heure plus tard, puisque son pays a remporté le match.

Nous arrivons à destination peu avant le coucher du soleil. Le village de Guane est aussi petit qu’il est mignon, ou bien l’inverse. Il est certes moins bien entretenu que Barichara, mais nous retrouvons exactement la même architecture et la même ambiance douce. La région doit être truffée de ce genre de village hors du temps.

Village de Guane, Colombie Village de Guane, Colombie Village de Guane, Colombie

Nous remontons à Barichara par le dernier bus, qui s’arrête une bonne douzaine de fois sur la minuscule place principale, pour prendre ou déposer un passager, parfois à dix mètres d’écart. C’est quasiment un service privé !

Plan des arrêts de bus de Guane

Conseils pratiques sur Barichara

Dormir à Barichara : Nous avons particulièrement aimé notre hôtel. Il s’agit de la Casa de Hercilia (~35€, excellent petit déjeuner compris)i, une bâtisse ancienne admirablement rénovée en une enfilade de patios dignes d’un magazine de décoration.

Restaurant à Barichara : Notre préféré est Shanti, un très bon petit restaurant qui propose juste quelques recettes mais les réalise très bien. Comme lors de la suite de notre voyage, nous n’avons aucun mal à manger végétarien en Colombie. Ici par exemple, les plats sont proposés végétariens avec une option carnivore en supplément.

Randonnée de Barichara à Guane : Le chemin de six kilomètres est assez facile (voir sur Wikiloc). Vous pouvez faire l’aller-retour. Comme la nuit tombait, nous avons choisi de rentrer en bus. Il passe chaque heure et le dernier est à 18h environ.

Venir en bus depuis Villa de Leyva : Comme les deux communes sont un peu perdues dans les montagnes, les transports ne sont pas directs. Il faut prendre un premier minibus de Villa de Leyva à Tunja (départs fréquents, prix 7 000 pesos, durée 1h10), enchaîner avec un deuxième bus de Tunja à San Gil (un bus par heure avec la compagnie Autoboy, prix 30 000 pesos, durée 4h30) et enfin monter dans un troisième bus vers Barichara (il vaut mieux arriver tôt car le dernier bus part vers 18h30, prix 5 000 pesos, durée 30 minutes, auxquelles il faut ajouter 30 minutes de pause au terminal central de San Gil).

 

Notre avis sur Villa de Leyva et Barichara

Nous avons adoré ces deux villages et leur ambiance tranquille. Pour nos premiers pas en Colombie continentale, nous sommes vraiment à mille lieues de l’image sulfureuse attachée au pays. C’est simple, si ces villages étaient en Europe, ils seraient pris d’assaut tant ils sont charmants !

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Ce que nous aimons, c'est prendre notre temps. Alors, nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter. Pour en savoir plus, c'est ici.



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10 réponses à “Villa de Leyva et Barichara : deux adorables villages en Colombie”

  1. geoffrey dit :

    Cool ces villages !
    Je me rappelle d’un terrible orage à Barichara pendant la saison des pluies.
    Ramenez-moi un petit sachet de poivre rose svp.

  2. Sego dit :

    C’est super mignon tout cela !

  3. Léon dit :

    J’aime bien le dessin avec les vaches ! « Encore vaches ! ».

  4. Virginie dit :

    Je n’imaginais pas tout la Colombie comme ça. Je voyais plutôt un pays à l’image du Costa RIca.
    On dirait un peu l’Auvergne…
    Avec des villages absolument parfaits.
    Vous avez résolu l’enigme des habitants fantômes de Barichara???
    Excellente continuation.
    Virginie

    • mifuguemiraison dit :

      Oui, on est les premiers surpris ! On s’attendait à du soleil, des couleurs chaudes, des paysages arides, mais plus on parcourt le pays, plus c’est vert. La région où on se trouve en ce moment est encore plus humide que l’Auvergne, c’est pour dire !

      Pour Barichara, on soupçonne un réseau souterrain, à l’abri des yeux des touristes, une sorte de seconde ville avec un soleil artificiel. Et des hamacs, évidemment.

      À bientôt !

  5. Marie dit :

    Superbes ! Comment vous arrivez à dénicher ces petits villages trop mimi ! Et y a de la balade j’imagine ! A bientôt biz

    • mifuguemiraison dit :

      Franchement, ça n’est pas compliqué en Colombie de trouver de charmants petits villages ou de jolies villes. Et le mieux dans tout cela, comme tu dis, c’est qu’il suffit de prendre n’importe quel chemin pour se promener dans une superbe nature !

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