Mi-fugue, mi-raison

Prendre le temps de visiter Medellín

Publié dans la catégorie Colombie, le 1 juin 2018

Il y a des villes qui ne charment pas au premier abord, mais qui finissent par rendre nostalgiques ceux qui la quittent. Medellín en fait partie. Ses briques rouges sans charme recouvrent le fond d’une vallée, repoussant chaque année un peu plus haut la verdure des collines. Les gaz d’échappement s’amassent sans échappatoire dans cette cuvette nervurée de voies rapides, n’invitant guère à la marche à pied.

Vue sur Medellín, Colombie Vue aérienne sur Medellín, Colombie

Et pourtant, nous gardons un souvenir fort de nos cinq semaines à Medellín. Oui pourtant, nous recommandons chaudement la deuxième ville de Colombie et conseillons même d’y rester plusieurs jours si vous êtes de voyage.

Allez, installez-vous confortablement, nous allons tâcher de vous montrer ce qu’elle a à offrir et vous expliquer ce qui la rend attachante.

 

Medellín, ou l’histoire d’une renaissance

Cinq serrures successives, trois grilles en fer… voici la première chose que nous remarquons en débarquant dans notre appartement de location.

Pourtant, rapidement, nous découvrons notre quartier calme et tranquille. Nous faisons connaissance avec nos voisins souriants. Nous nous mettons à sortir à toute heure du jour ou de la nuit. Et pour finir, nous ne fermons même plus ces verrous de malheur.

Nous comprenons au fur et à mesure que cet équipement n’est qu’un vestige du passé, d’une époque récente où chacun se barricadait chez soi et craignait pour la vie de sa famille. Car oui, à la fin du siècle dernier, Medellín récupérait le triste titre de ville la plus violente du monde. La faute à une longue période de chaos politique, à des inégalités criantes et à la montée en puissance de groupuscules dangereux, le plus célèbre étant bien sûr le cartel de Pablo Escobar.

Sauf que tout a changé côté sécurité. Aujourd’hui, la ville est calme et il n’y a plus de raisons de frissonner. Pour preuve, cet indice de criminalité qui place Medellín bien en dessous de Paris, Londres ou Bogota.

Dessin : Quoi vous allez en Colombie ?

Ce qui peut faire peur, à la rigueur, ce sont quelques types paumés dans le centre ou le quartier de Poblado qui ont tendance à aborder les touristes avec un peu trop d’enthousiasme : « Hé gringo! ».

El Centro, Medellín, Colombie

Située en plein centre, cette place était auparavant considérée comme l’une des plus dangereuses.

L’histoire de Medellín et de ce retournement complet de situation est poignante. Notre premier conseil aux visiteurs est de suivre un tour guidé. Vous ne le regretterez pas, parole d’habitués ! Nous avons choisi le Free Walking Tour en anglais de l’agence Real City Tours, quatre heures passionnantes dans le centre-ville qui n’en paraissent que deux.

Nous apprenons qu’une partie des habitants continuent de considérer le narcotrafiquant Pablo Escobar comme un homme bon, voire un héros. Ils occultent les horreurs qu’il a commises, ne retenant que ses discours populistes et ses actes de générosité : des maisons ou des liasses de billets offertes aux plus pauvres. Pour éviter toute polémique avec des passants, vous n’entendrez jamais aucun guide le nommer. C’est Voldemort, celui dont on tait le nom.

Et puis nous en apprenons beaucoup plus sur l’histoire globale de la Colombie : pourquoi des groupes tels que les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) se sont formés, comment des milices d’extrême droite sont apparues en réponse et pour quelles raisons le gouvernement demeurait impuissant. Attention aux raccourcis faciles, nous prévient le guide. Rien n’est simple et l’opinion reste divisée sur bien des sujets.

Le Musée de la Mémoire, gratuit, est un bon complément. Il regroupe de nombreux témoignages sur cette période violente. C’est émouvant et bourré d’informations qui permettent de se rendre compte des efforts surhumains entrepris par la municipalité et par les habitants eux-mêmes pour y mettre fin.

Deux exemples de transformations marquantes sont la construction de bibliothèques dernier cri dans les quartiers les plus défavorisés ainsi que le déploiement d’un réseau de transport ultramoderne pour les rapprocher du reste de la ville. La maxime du maire est d’ailleurs : « les quartiers les plus pauvres méritent les meilleurs architectes ».

Le métro moderne de Medellín

Le métro de Medellín, symbole du renouveau et grande fierté des habitants.

Imaginez un jeune Medellinien ou une jeune Medellinienne de trente ans, ayant toute son enfance entendu des histoires de disparitions, ayant évité de traîner dans la rue après le lycée, ayant rêvé de quitter sa ville et son pays… Puis visualisez-le ou visualisez-la assister à la résolution des problèmes les uns après les autres. Figurez-vous l’espoir, l’ouverture du champ des possibles, l’envie de sortir, de créer, de rattraper le temps perdu. Medellín fonce, propulsée par une énergie positive que nous n’avions jamais ressentie ailleurs et qui nous a beaucoup marqués.

 

Notre vie quotidienne à Medellín

Tout d’abord, ne croyez pas un mot de son surnom : « la ville de l’éternel printemps », c’est un attrape-touristes ! Certes, la température est idéale, entre 20 et 25°C toute l’année, mais il y a comme un petit problème pluviométrique. Entre deux rayons de soleil, bim, une averse ! Une grande partie de la Colombie ne connaît pas de saison sèche. Il y a une saison humide, et une saison encore plus humide entre avril et mai, pile lorsque nous y étions.

Medellín sous le soleil

Des nuages noirs approchent…

Medellín sous la pluie

… puis c’est la douche ! Deux minutes seulement séparent ces deux photos !

Notre QG se trouve dans le quartier aéré, tranquille mais vivant de Laureles. Nous y sommes accueillis par de grands arbres tropicaux qui n’hésitent pas à étendre leurs vigoureuses racines pour faire des croche-pattes aux passants. Cela n’empêche pas le coin d’être l’un des plus agréables de la ville pour les piétons.

Le quartier de Laureles, Medellín, Colombie Café dans le quartier de Laureles, Medellín

Un ballet de vendeurs défile toute la journée sous nos fenêtres. Ils sont armés de leurs chariots et parfois d’un haut-parleur : Aguacateeee! Piñaaaaa! Mangoooo!

Vendeur ambulant de fruits et légumes

Nous nous sentons tout de suite bien parmi les Medelliniens, qui sont particulièrement détendus et souriants. Tenez par exemple, une phrase que nous avons souvent entendue est « Tranquila, mamita » (ou « Tranquilo, papito« ), ce qui signifie « Tranquille, p’tite mère / p’tit père ». Cela résume bien leur philosophie de vie !

Ajoutons qu’ils sont trèèèèèèèèèès polis. Nous nous amusons à les écouter enchaîner trois, quatre, voire cinq formules de politesse, dans les magasins ou restaurants, là où une seule suffirait. Et toujours avec un grand sourire, bien entendu.

Formules de politesse à rallonge en Colombie

Les habitants de Medellín prennent aussi très soin de leur look. Les jeunes ont presque tous des tatouages, une coupe de cheveux au poil et les baskets stylées qui vont bien. Nous nous sentons comme dans un pays occidental, avec une classe moyenne qui dîne au resto, sort dans les bars, s’amuse des mêmes choses que nous… une petite pointe de salsa en plus !

Enfin, nous ne pouvons pas parler de notre quotidien sans aborder le plus important : la nourriture ! Nous nous amusons de découvrir au supermarché des produits français de la marque Casino mis en avant en tant que marchandise de luxe. Nous craquons sur une spécialité colombienne, les arepas, et plus précisément les arepas de chocolo. Ce sont des galettes épaisses élaborées à base de maïs doux.  Il suffit de les réchauffer à la poêle et d’étaler un avocat dessus pour se régaler.

Nous abusons également des fruits tropicaux. Les Colombiens sont de grands amateurs de jus de fruit frais et il semble inconcevable qu’une cuisine ne soit pas équipée d’un blender pour les préparer. Notre péché mignon : le jus de mangue dans lequel nous glissons un petit morceau de gingembre !

Mais pourquoi s’embêter à cuisiner, lorsque la plupart des restaurants proposent une formule du midi à un prix dérisoire et servie en deux minutes chrono : une soupe, une salade, un plat et une boisson pour 3€, renouvelés chaque jour.

Menu du jour en Colombie

 

El Centro, le centre-ville un peu spécial de Medellín

Nous nous attendions à découvrir un vieux centre mignonnet, comme dans la plupart des grandes villes que nous traversons. Celui de Medellín a bien quelques monuments pompeux, quelques églises anciennes, mais il n’y a pas vraiment de quoi s’y attarder.

Parque de las Luces, Medellín

Le parc des lumières et sa forêt de lampadaires

Medellín, Colombie

Vendeur de rue est un métier comme un autre en Colombie et le centre de Medellín en est bondé.

Medellín, Colombie

L’ancien palais de justice, ironiquement transformé en galerie commerciale débordant de contrefaçons.

Statue de Botero, Medellín, Colombie

L’une des génialissimes statues de l’artiste Botero qui jalonnent la place du même nom.

Une grande partie du centre croule sous les magasins, déborde jusque sur les trottoirs de vêtements de mauvaise facture et d’objets plus ou moins inutiles en plastique, le tout dans une agitation monstre qui file le tournis. Sans oublier les milliers de vendeurs de rue, assiégeant le moindre bout de trottoir encore libre.

Scène de rue à Medellín, Colombie Scène de rue à Medellín, Colombie

Le plus étrange, à propos de ce quartier, est le fait que pratiquement personne n’y habite. En soirée, chacun repart dormir ailleurs, sauf ceux qui n’ont pas de toit, et la fourmilière hyperactive laisse place à de sombres rues peuplées de silhouettes pas très nettes. Nombreux sont les touristes qui se font surprendre. Ils choisissent l’hôtel le plus central possible en pensant bien faire et… repartent en détestant Medellín.

Une fois les monuments principaux découverts en suivant la visite guidée abordée un peu plus tôt, nous n’avons pas ressenti l’envie de retourner dans « El Centro ». Notre meilleur souvenir, ce sont les passants curieux qui, surpris de voir des touristes dans leur ville, s’arrêtaient pour nous observer, nous saluer ou passaient carrément la tête au milieu de ce cercle de grands étrangers pour tenter de comprendre ce qu’il s’y disait.

Dessin : Papi curieux à Medelliín

Il y a quelques années encore, les Medelliniens ne croisaient pratiquement jamais de touristes, et notre arrivée est le meilleur signe que l’époque des violences est terminée.

 

Les quartiers populaires : Moravia et la Comuna 13

Aux antipodes des imposants bâtiments du centre-ville, les zones périphériques de Medellín sont faites de milliers de petites maisons de briques rouges, qui ont colonisé de façon anarchique les collines.

Comuna 13, Medellín, Colombie

Nous avons tellement aimé notre tour guidé dans le centre-ville, que nous nous sommes inscrits au Barrio Transformation Tour de la même agence, qui explore le quartier de Moravia et relate son histoire bien particulière (19,50US$ moins 20% de TVA). Foncez, il s’agit d’un excellent complément pour comprendre Medellín d’un point de vue social, les multiples problèmes auxquels sont confrontées les comunas et les solutions mises en place.

Vous voyez cette mignonne petite colline jardinée ?

Colline de déchets, Moravia, Medellín

Sous ses airs de parc pour enfants se cache une immense butte de déchets. Elle date d’une époque où la ville balançait tout en vrac et où les plus pauvres tentaient de gagner leur vie en revalorisant ce qui pouvait l’être. Le plus incroyable, c’est qu’à force de passer leurs journées sur la montagne, ils ont carrément commencé à y construire leurs maisons.

Lorsque la municipalité a enfin pris conscience du risque sanitaire, près de huit mille personnes vivaient sur les déchets. Huit mille ! Pour vous dire à quel point c’était dangereux, des bulles de gaz inflammables remontaient parfois, incendiant au passage les habitations.

Derrière la colline, le guide a mené notre petit groupe dans le quartier de Moravia, le plus densément peuplé de l’agglomération. Ici, les enfants jouent au milieu des ruelles et mille petites boutiques vendent mille petites choses. C’est vivant et la proximité entre les habitants est palpable.

Quartier Moravia, Medellín, Colombie Quartier Moravia, Medellín, Colombie

Vous pouvez vous-même grimper sur la colline transformée en parc et faire un saut dans le quartier. Pour cela, descendez à la station Caribe et traversez le pont sur la rivière.

Beaucoup plus touristique, la Comuna 13 vaut aussi le détour. Cet arrondissement possède un nom, San Javier, mais son numéro porte-malheur est resté. Pour cause, il s’agissait du quartier le plus violent de la ville. Rassurez-vous, il a énormément changé ces dernières années. Deux symboles visibles de cette métamorphose sont une série d’escaliers mécaniques, installés sur le flanc de la colline pour aider les habitants à rentrer chez eux, et l’impressionnante collection de fresques, peintes par les artistes de rue de la comuna.

Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie

Nous nous y rendons deux fois : une première en suivant le tour de l’agence Zippy Tour (au pourboire) et une seconde par nous-mêmes. Il suffit de descendre au terminus de métro San Javier, de marcher quinze minutes jusqu’au bas des escaleras electricas (voir sur un plan). Une fois au sommet, la vue sur le reste du quartier est impressionnante.

Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie Comuna 13, Medellín, Colombie

Tout n’est malheureusement pas idyllique, puisqu’à peine une semaine après notre dernière visite, nous apprenons que des violences embrasent la Comuna 13. Elles ont cessé depuis et le tourisme est reparti, mais jetez néanmoins un œil aux actualités avant de vous y rendre, sait-on jamais.

 

Le quartier rose de Poblado et autres conseils de sorties

Nous avons rencontré ce terme de « quartier rose » dans plusieurs pays d’Amérique latine. Il s’agit de la zone d’une ville qui s’anime en soirée et où s’agglutinent bars, restaurants et boîtes de nuit. À Medellín, Poblado est incontestablement le plus rose de tous. D’ailleurs, les murs autour du Parque Lleras vibrent jusqu’au petit matin. Étrangement, c’est au cœur de Poblado que la plupart des touristes cherchent à se loger. Pour notre part, nous trouvons que l’ambiance vire au glauque à partir de 22h.

Tout n’est pas à jeter à Poblado. En grimpant de quelques rues sur la colline se trouve le quartier de Provenza, sorte de jungle urbaine au sens propre du terme. De beaux cafés et de délicieux restaurants se nichent au milieu d’une végétation tropicale assez impressionnante, de laquelle Tarzan pourrait surgir d’un moment à l’autre.

Quartier Poblado, Medellín, Colombie Quartier Poblado, Medellín, Colombie Restaurant de Poblado, Medellín, Colombie

Au nord-ouest de Poblado, nous avons beaucoup aimé le sous-quartier un peu plus tranquille de Manila, avec peu de circulation. Il abrite aussi de nombreux restaurants dont les terrasses s’illuminent de guirlandes lumineuses en soirée et dont les menus font saliver. Nous appréhendions la nourriture colombienne avant d’arriver… eh bien croyez-nous, Medellín est une capitale gastronomique en devenir !

Cliquez pour déplier nos conseils de restaurants et cafés ▼

À Poblado :

Les adresses ne manquent pas et nous aurions bien aimé en tester trois fois plus !

  • La Pizzeria Zorba Café sert des pizzas végétariennes absolument délicieuses et originales. Le lieu est victime de son succès et une file d’attente commence à se former dans la rue dès 19h. Les restaurants de Medellín ne prennent généralement pas les réservations.
  • Pour les gourmands, il faut absolument goûter les glaces de chez Arte Dolce. Plus précisément, demandez leurs brioches trempées dans du chocolat fondu en guise de cône, à damner un saint.
  • Pour un très bon chocolat chaud ou un cappuccino, filez à Pergamino, l’exemple typique des belles atmosphères que les cafés de la ville savent créer.
  • Nous avons adoré le petit-déjeuner aux influences turques du restaurant Lezzet Café, notre meilleur à Medellín.
  • Enfin, surveillez le programme des concerts du bar-restaurant Victoria Regia, un ancien hangar superbement décoré. Nous y avons assisté à un amusant hommage aux Beatles version salsa.
Concert à Medellín, Colombie

À Laureles :

Ici aussi les gens sortent beaucoup, sauf qu’il n’y a pratiquement pas de touristes en comparaison avec Poblado.

  • Notre cantine dans le quartier était Uno mas uno. Ils proposent un simple mais excellent menu du midi pour 13 000 pesos (le végétarien) et servent de très bons cafés.
Petit resto de Laureles, Medellín, Colombie
  • Une autre bonne option pour le midi est Salud Pan, certes un peu plus bruyant mais qui sert un menu végétarien encore plus travaillé pour 12 000 pesos. Ils ont une boutique bio et un marché de légumes bio le samedi matin.
  • Le petit Café Paraiso nous a aussi régulièrement servi de repère pour manger, avec leur menu à 12 000 pesos. C’est un bon endroit où travailler bien installé.
  • Pour boire une bière, un bon jus ou une limonade au basilic, la terrasse du Barrio Central Café est sympa.
  • S’il vous prend l’envie de vous déhancher, ou juste d’observer de bons danseurs, rendez-vous au Tibiri, un club de salsa ouvert du mercredi au samedi.
  • Enfin, nous avons craqué pour le tout petit café La Chapolera, qui installe ses deux-trois tables dans une rue calme et sert de délicieuses boissons à prix dérisoires, avec quelques jeux de société en libre-service.

 

Le jardin botanique et le Parque Explora

Pour une bonne dose de verdure en ville, direction le jardin botanique. Il est gratuit et sans prétention, mais dispose d’une belle collection de palmiers et d’orchidées (la Colombie étant le pays des orchidées). Notre visite a été interrompue par l’une des plus fortes averses de notre séjour, mais une grande arche en bois permet de s’abriter au centre du parc !

Orchidée au jardin botanique de Medellín, Colombie Jardin botanique de Medellín, Colombie Jardin botanique de Medellín, Colombie

Ce quartier du jardin botanique est aussi l’un de ces lieux autrefois malfamés devenus parfaitement sûrs aujourd’hui. La seule précaution que vous devez prendre est de ne pas vous y rendre à pied depuis le centre, car le quartier que vous traverseriez est paraît-il encore un peu louche. Préférez le métro ou le taxi.

Après la fin de l’averse et notre visite du jardin, nous sommes allés juste en face explorer le Parque Explora, sorte de cité des sciences particulièrement ludique remplie de mini-expériences. Déjà, en tant qu’adultes nous nous sommes bien amusés, alors ce doit être le paradis pour les grands enfants ou jeunes ados ! Ouvert tous les jours sauf le lundi, au prix de 25 500 pesos.

Explora Parque, Medellín

 

S’époumoner dans les gradins du stade de foot

À force d’insistance, le proprio de notre appartement nous convainc d’assister à un match. Cela tombe bien, nous sommes tout près du stade. Et effectivement, c’est quelque chose ! Nous assistons au match de l’Atlético Nacional, l’une des deux équipes de Medellín souvent considérée comme la meilleure de Colombie, contre l’équipe de Pereira.

Match de foot à Medellin, Colombie

Côté pelouse, le match est un peu ennuyant. En revanche, côté tribune, c’est la folie ! Nous avons choisi des places dans le virage de l’équipe locale, là où les supporters sont les plus survoltés. Ils chantent à tue-tête d’interminables chansons, accompagnés d’une énorme fanfare, et les plus excités passent l’intégralité du match torse nu à sauter. C’est à se demander comment ils font pour regarder l’action !

Match de foot à Medellin, Colombie

Conseils pratiques pour assister à un match

Connaître les dates des matchs : tapez liga colombia sur Google et repérez dans le tableau qui s’affiche ceux qui concernent l’Atlético Nacional ou à la rigueur l’équipe de Medellín, plutôt forte elle aussi. Lorsque le match se joue en local, à Medellín, le nom de l’équipe s’affiche en premier. Il est juste déconseillé d’assister à un clasico, c’est-à-dire au derby entre les deux équipes locales, car il peut y avoir quelques bastons autour du stade.

Acheter les billets : nous nous sommes rendus au guichet du stade le matin du match, mais il existe d’autres points de vente en ville, renseignez-vous auprès des locaux. Évitez en revanche de les acheter aux vendeurs à la sauvette qui ont tendance à refiler des faux. Le prix était de 27 000 pesos dans les virages ou 40 000 pesos autrement. Nous avons choisi le virage sud, réservé aux supporters de l’Atlético.

Entrer dans le stade : si vous êtes dans le virage, essayez d’arriver avec une bonne demi-heure d’avance, sans quoi toutes les places assises sont prises. Apportez le moins d’affaires possible car vous serez fouillés et tout ce qui peut se transformer en projectile est interdit. En revanche, prenez votre passeport ou sa photocopie, on vous le demandera au point de contrôle.

 

Goûter à tous les fruits exotiques possibles

Nous pensions connaître la plupart des fruits tropicaux après avoir passé du temps en Asie, mais notre voyage en Colombie nous en fait découvrir une montagne de nouveaux, et des bons. Il serait dommage de repartir du pays sans ces souvenirs pleins les papilles ! Tenez, savez-vous par exemple que les étals vendent ici quatre variétés différentes de fruits de la passion, toutes meilleures les unes que les autres ?

Un bon endroit pour trouver et acheter ces fruits est le marché de la Minorista, qui abrite sous une grande halle des centaines et des centaines de stands. C’est impressionnant au premier abord, mais les commerçants sont accueillants, n’hésitez pas à leur demander les noms des fruits. Des noms qui font voyager : lulo, chontaduro, pitaya, curuba, tomate de arbol…

Marché de fruits exotiques à Minorista, Medellín Marché de fruits exotiques à Minorista, Medellín

La première fois, nous nous y sommes rendus via le tour guidé spécial dégustation de fruits de l’agence Real City Tours (oui, encore eux ! promis, ils ne nous ont rien offert pour vous en parler), or nous venons de constater qu’ils ont augmenté leurs tarifs et cela commence à faire mal au porte-monnaie (19,50US$ moins 20% de TVA). À vous de voir ! Par la suite, nous nous sommes réapprovisionnés plusieurs fois au marché en y allant seuls.

Tomate de arbolChontaduroLulo

 

Se mettre au vert sur les hauteurs de Medellín

Pour mieux se rendre compte de l’immensité de la ville, tout en échappant un peu à la pollution, voici quelques collines sur lesquelles grimper.

Non loin de Laureles et du Centro se trouve le Cerro el Volador, qui offre une vue à 360°. Les deux fois où nous y sommes montés, à l’issue de vingt minutes d’effort, nous étions aux premières loges pour observer d’énormes nuages s’approcher, pleuvoir sur les différents quartiers et finir par nous tremper nous aussi. Que cela ne douche pas votre motivation pour autant : à Medellín comme à Londres, il suffit de ne jamais sortir sans son parapluie !

Cerro el Volador, Medellín, Colombie Cerro el Volador, Medellín, Colombie

Autre jour, autre grimpette : nous nous attaquons au Cerro de las Tres Cruces, la colline aux trois croix. Celle-ci est plus sportive et nécessite bien quarante-cinq minutes de transpiration, mais la vue est, là encore, superbe.

Cerro de las Tres Cruces, Medellín, Colombie Cerro de las Tres Cruces, Medellín, Colombie

Pour les mollets paresseux, il est possible de monter encore plus haut sans se fatiguer. Il suffit d’emprunter l’une des lignes de Metrocable, ces téléphériques urbains qui desservent quelques quartiers élevés. Nous vous conseillons la ligne K, qui mène à celui de Santo Domingo. Il se prend à la station de métro Acevedo (sans racheter de billet si vous êtes déjà dans le métro). Oh et ne sortez pas de la cabine avant d’arriver au terminus, le premier arrêt est trompeur.

Une fois à Santo Domingo, marchez cent mètres en arrière dans ce quartier vivant et coloré, vous atteindrez ce belvédère :

Quartier de Santo Domingo, Medellín, Colombie Téléphérique métrocable de Medellín

Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, poursuivez l’ascension jusqu’au Parque Arvi. Un deuxième téléphérique, la ligne L, part de Santo Domingo pour aller se perdre encore plus haut sur la colline. Le prix du billet est 5 500 pesos. La vue, qui était déjà spectaculaire, devient fabuleuse.

Téléphérique métrocable de Medellín Vue aérienne sur Medellín, Colombie

La cabine ne s’arrête pas au sommet, elle poursuit sa route au milieu d’une belle forêt jusqu’au cœur du Parque Arvi, l’endroit favori des Medelliniens pour prendre un bol d’air. Choisissez cependant bien votre jour, car à cette altitude de 2400m il n’est pas rare de se retrouver dans les nuages. Prévoyez aussi un bon pull !

Le seul problème du Parque Arvi, c’est qu’il est réservé aux randonnées guidées et donc payantes. Pour notre part, nous avons marché une vingtaine de minutes jusqu’au Chorro Clarín, un coin de forêt publique idéal pour pique-niquer, voire pour vous baigner dans la rivière glaciale si vous avez le cuir épais.

Parque Arvi, Medellín, Colombie Parque Arvi, Medellín, Colombie

En semaine, nous y avons croisé plusieurs groupes scolaires. Et bien évidemment, qui dit groupe scolaire dit enfants curieux !

Dessin : Gamins curieux au Parque Arvi

En chemin, vous passerez devant l’adorable et minuscule Café Montaña, qui sert des boissons délicieuses avec un accueil chaleureux comme les Colombiens savent si bien faire.

 

Enfin, si vous en avez l’occasion, nous vous recommandons une excursion au petit village archi-coloré de Guatapé, entouré d’un paysage d’îlots assez impressionnant !

Village de Guatapé en ColombieVue depuis le Peñon de Guatapé ou Piedra del Peñol

Plus d’informations dans notre article dédié : Guatapé, maisons colorées et îlots par milliers.

 

Conclusion

Émouvante, par son histoire récente, et passionnante grâce aux musées et aux tours guidés proposés, Medellín est un bon endroit où prendre le temps de comprendre la Colombie. Le béton et la pollution sont les mauvais aspects de la modernisation rapide de cette ville, compensés par des tas de lieux où se régaler, sortir, se mettre au vert… Nous ne serions pas restés ici des années, mais nous pensons que Medellín mérite bien plus qu’une rapide journée de visite !

Conseils pratiques sur Medellín

Se loger à Medellín : Nous avons trouvé un grand appartement sur Airbnb pour 740€ le moisi, situé dans le quartier de Laureles. Si cela vous intéresse, vous pouvez économiser 35€ sur votre première réservation en utilisant notre lien de parrainage.

Même pour un séjour plus court, notre quartier de Laureles pourrait vous intéresser car il est plus agréable que Poblado et plutôt bien situé pour se déplacer, surtout si vous en choisissez un proche de la station de métro Estadio. Voir les hébergements à Laurelesi.

Si vous tenez à loger dans Poblado, nous vous conseillons de viser le sous-quartier de Manila, plus tranquille et pourtant plein d’auberges de jeunesse, cafés et restaurants. Il est repérable si vous cliquez sur la carte sur Booking.comi.

Se déplacer dans Medellín : Le métro est pratique et rapide pour les longues distances, au tarif de 2 400 pesos, cependant ses deux lignes sont loin de desservir tous les quartiers. Nous avons donc souvent eu recours aux bus. La difficulté est de trouver la bonne ligne de bus, car elles ne sont pas numérotées. Nous nous en sommes sortis avec beaucoup de patience et l’aide de ce site amateur. Sinon, les taxis ou Uber (plus sécurisés) proposent des tarifs raisonnables à environ 2€50 les 20 minutes et sont plus rassurants en soirée.

Prendre des cours de Yoga en anglais : Nous avons débusqué une bonne salle de yoga à Laureles, appelée Flying Tree Yoga. La carte de quatre cours est à 80 000 pesos, celle de huit à 130 000.

Venir en bus depuis San Gil : Nous avons choisi de faire ce trajet de nuit. Deux jours avant, en passant au terminal de San Gil, nous avons réservé nos billets au guichet de la compagnie Copetran. Le trajet commence à 19h, comporte un changement à Bucaramanga et se termine à 6h30 le lendemain pour un total de 115 000 pesos par personne.

Ailleurs sur la toile : Amélie du blog Ma Maison sur le Dos vit à Medellín depuis quelque temps et ses conseils nous ont beaucoup servi. Merci !

Notre carte de Medellín

Cliquez sur les différents points de la carte pour en afficher les détails.

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Ce que nous aimons, c'est prendre notre temps. Alors, nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter. Pour en savoir plus, c'est ici.



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8 réponses à “Prendre le temps de visiter Medellín”

  1. Karine dit :

    Bonjour les fugueurs,
    Juste un grand bravo pour cet article hyper complet (je vais lire les autres en suivant…) ! Je suis en train de préparer mon circuit de 26 jours en Colombie pour le mois d’août et votre blog est une mine d’informations utiles et précieuses pour mon futur voyage. Vous m’avez rassuré concernant l’insécurité et donné envie d’aller au coeur des quartiers de Medellin. Vous êtes bien sûr dans mes favoris pour pouvoir piocher une adresse, un lien, un restau… dès que j’en aurai besoin !

    • mifuguemiraison dit :

      Salut Karine,
      Merci pour ton message. On est contents que l’article te soit utile ! Si jamais t’as des questions, y compris sur des étapes pour lesquelles on n’a pas encore sorti les articles, n’hésite pas !

  2. Encore une fois voici un super article ! Nous avons vraiment passé trop peu de temps à Medellin qui n’était qu’une rapide ville étape lors de notre roadtrip et vous nous permettez d’en découvrir des facettes plus engageantes ! J’épingle l’article si on doit repasser un jour dans le coin !
    Bonne continuation à vous en Equateur !

  3. geoffrey dit :

    Généralement on voit des villes qui tombent dans la violence, c’est chouette de voir des villes qui en ressortent !
    Vous transmettez bien votre enthousiasme.
    « Pour notre part, nous trouvons que l’ambiance vire au glauque à partir de 22h. » : entièrement d’accord avec vous.
    Pour le foot, venez assister aux matchs du PSG en tribune Auteuil, vous trouverez la même ambiance !
    « savez-vous par exemple que les étals vendent ici quatre variétés différentes de fruits de la passion, toutes meilleures les unes que les autres » : ramenez-moi svp une dizaine de graines des meilleurs fruits de la passion. Et aussi d’autres fruits tropicaux si vous avez encore un peu de place. Merci !

  4. Marie dit :

    Très intéressant, moi qui ne suis pas trop ville, ce sont des randos en ville (s) oui, on dirait qu’il y a plusieurs villes en une ! C’est intéressant aussi ce concept de « randos fruits ». J’espère bien vous revoir très prochainement 😉 Biz

    • mifuguemiraison dit :

      Oui c’est vrai qu’il y a plusieurs quartiers très différents les uns des autres, avec leurs identités propres, presque des villes différentes !

      Pour le « fruit tour », on peut pas trop appeler ça une randonnée, on a juste fait le tour du marché. Ou alors une randonnée pour gloutons 😀

      Par contre, pas sûrs d’avoir le temps de venir vous voir au Havre cet été, on ne va pas rester aussi longtemps que l’an passé et notre programme est d’ores et déjà bien chargé 🙁 Venez nous voir dans l’année !!!

  5. Marie dit :

    Alors, pour vous retrouver et s’organiser, il me faut le programme des 12 prochains mois !! 😉

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