Mi-fugue, mi-raison

Mestia et Ushguli sur les montagnes de Svanétie

Publié dans la catégorie Géorgie, le 22 septembre 2018
Dessin : la géographie de la Géorgie par le Français moyen

Voici plus ou moins la réaction que nous avons obtenue en annonçant la suite de notre aventure. La vérité est que nous n’aurions nous-mêmes pas su situer la Géorgie sur une carte il y a deux ans. Quant à la visiter, pensez-vous ! Poussés par la curiosité, nous voici lancés à la découverte du Caucase. Et vous allez constater que notre voyage commence fort. Très fort. Vous êtes prêts ? Nous vous emmenons vers Mestia et Ushguli en Svanétie, une région montagneuse au nord-ouest de cette chère petite Géorgie.

Carte de la Svanétie, Mestia et Ushguli en Géorgie

 

Mise en ambiance : nos premières heures en Géorgie

Nous nous réveillons en sursaut à 3h du matin. Le train d’atterrissage crisse sur le tarmac de la capitale Tbilissi. Les yeux encore collés, nous tendons nos passeports à la femme de l’immigration qui nous souhaite la bienvenue dans un français parfait. Nous vérifions le tampon, nous sommes bien en Géorgie. Cela nous surprendra toujours, ces gens qui connaissent notre pays alors qu’en France nous n’entendons jamais parler du leur.

Un bus aux néons blafards nous dépose sur une large avenue endormie. Au moment où nous nous approchons du bitume dans l’espoir de repérer un taxi, la vitre d’une voiture tous feux éteints couine juste derrière nous : « Taxi ? ». Voilà un pays bien fichu. L’homme imposant s’extrait difficilement de sa vieille Mercedes, soulève nos sacs comme des plumes et les enfonce dans le coffre tout en nous faisant signe de monter. L’intérieur est plus tapissé qu’un salon marocain. Il retourne au volant, sélectionne un CD dans sa collection, pousse le volume, puis démarre. La voix éraillée d’un crooner russe entre en compétition avec le moteur encrassé.

Dessin : taxi géorgien, en pleine nuit

Une fois à la station de bus, l’ogre ne se contente pas de prendre nos quelques pièces et de repartir. Il ne nous a toujours pas adressé trois mots, n’a toujours pas esquissé un sourire, mais il ressort de sa berline et nous convoque de la main à sa suite à travers le terrain vague qui sert de terminal, tandis qu’il se renseigne auprès des rares âmes déjà (encore ?) éveillées. Il finit par nous indiquer un point au sol. Et repart.

Deux heures d’attente plus tard, le soleil déboule et notre bus pour Mestia avec. Ou plutôt la marshrutka, sorte de minibus hérité de la période soviétique. Nous sommes trop nombreux pour ses quinze places, alors le chauffeur appelle un autre de ces véhicules au nom imprononçable en renfort. Et c’est parti pour dix heures de route vers l’un des coins les plus reculés du pays. Pied au plancher et main sur la sono, le conducteur slalome entre rétroviseurs et cornes de vaches tout en dégainant ses chansons préférées. Bon public, une bande d’amies reprend à tue-tête les refrains géorgiens ou russes, mais sèche sur l’inintelligible anglais.

Dessin : voyage en marshrutka avec les passagers qui chantent à tue-tête

Par la fenêtre, les balcons rouillés des maisons défilent, entourés de vignes mûres et d’arbres croulant sous le poids des pommes, prunes, poires, grenades. Progressivement, les sapins prennent la relève. Les collines se transforment en pics, un vertigineux lac bleu argenté surgit sur notre gauche et, bientôt, les premières tours fortifiées nous souhaitent la bienvenue en Svanétie.

 

Au cœur de la Svanétie : Mestia l’invincible

La spécificité la plus visible de Svanétie est la myriade de tours de pierre sans âge qui dominent les villages. Chaque habitant érigeait son donjon au-dessus du domicile familial afin de sauver sa peau du sabre de l’envahisseur. Beaucoup de tours se seraient écroulées au fil des siècles et les rescapées confèrent aux hameaux une ambiance digne d’un décor de film fantastique. À Mestia, notre maison d’hôtes est elle-même surplombée par l’une de ces tours privées. Nous sommes à la fois inquiets qu’elle ne s’effondre pendant la nuit et rassurés de savoir qu’elle nous protégera d’une éventuelle attaque de trolls ou de dragons.

Tours de Mestia, Géorgie

La femme qui nous accueille ne parle que quelques mots d’anglais, mais fait tout pour nous mettre à l’aise. Lorsque les gestes ne suffisent plus, elle appelle à la rescousse la traductrice de la famille, sa fille de douze ans. Par défaut, les Géorgiens nous abordent en russe. Fin août, nous sommes d’ailleurs encore en pleine saison touristique. Le pays attire principalement des Russes donc, mais aussi des Turcs, Ukrainiens, Polonais… et quelques Français, comme dans n’importe quel coin perdu du monde ! Nous avons tous en commun l’uniforme du voyageur en terre svanétienne : l’équipement de randonnée.

L’ambiance de Mestia nous plaît rapidement : des murs de grosses pierres, des ruelles jonchées de prunes trop mûres, des affichettes qui écoulent de la chacha maison titrant probablement à plus de 50° d’alcool, des montagnes tout autour, quelques vieilles Lada

Mestia, Svanétie, Géorgie Vieille voiture géorgienne

À plusieurs reprises, nous assistons dans la rue principale à des conversations entre Géorgiens dont le ton monte, puis retombe aussitôt, avec une tape amicale sur l’épaule en guise de conclusion. Les Svans, habitants de Svanétie, ne sont pas spécialement chaleureux au premier abord. Mais si vous résistez à l’envie de faire demi-tour, vous constatez bien vite que le moindre de vos soucis devient immédiatement le leur.

Les petites rues sont plus tranquilles. Il n’est pas rare de croiser des vaches en liberté ou de gros chiens semblables à des ours inoffensifs en pelage d’hiver. Nous croisons un pope vêtu de noir, jusqu’au bout de la barbe. Il nous mène à une église (orthodoxe, naturellement) dotée de l’un des plus beaux points de vue sur la ville.

Village de Mestia, Svanétie, Géorgie

Pour notre premier repas géorgien, nous nous installons à la terrasse d’un restaurant en redoutant une cuisine lourde et sans astuce. C’est tout le contraire. Les plats sélectionnés au hasard nous arrivent riches, fins, délicieux. Aubergines grillées, noix concassées, sauce tomate, coriandre, aneth et saveurs nouvelles se mélangent, se répondent. Nous imaginons être tombés sur l’un des meilleurs restaurants du pays, mais non, les suivants seront tout aussi concluants et à prix toujours doux.

Nourriture géorgienne

Un tour au flambant neuf Musée d’Histoire et d’Ethnographie de la Svanétie (7 laris) nous présente ses superbes collections d’objets antiques : fusils longs comme des lances, bijoux en or récolté localement, manuscrits anciens, icônes orthodoxes plus vieilles encore… Nous regrettons juste le manque d’explications culturelles, par exemple sur la présence des tours construites à tour de bras à travers la Svanétie.

Alors que nous nous apprêtons à sortir du musée, un groupe de papis assis dans un coin se met à chanter de concert. Pas de paroles, seulement des notes longuement tenues qui finissent par virevolter et s’entremêler. C’est ainsi que nous découvrons les polyphonies géorgiennes, classées au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Tous les Géorgiens savent-ils faire cela ?

Une autre spécialité de Géorgie aurait sa place au patrimoine immatériel : son pain. Il suffit de croquer une bouchée encore tiède de l’un de ces objets boursouflés pour devenir accro. Pas de panique, les dealeurs sont partout. N’importe quelle boulangerie de Mestia ou du pays vous en tendra un tout juste sorti du four pour un lari ou moins. Un sérieux concurrent à la baguette !

Puri, pain géorgien

 

Randonnée jusqu’au glacier Chalaadi depuis Mestia

Attaquons le gros du sujet, celui qui attire tous les visiteurs estivaux : les randonnées autour de Mestia. En hiver, remontées mécaniques et paires de ski prennent le relais.

Nous commençons par la randonnée du glacier Chalaadi, notre tout premier glacier ! Le début de la marche depuis Mestia n’est pas particulièrement agréable. Nous marchons à plat deux heures durant, longeant les poussiéreux travaux d’enfouissement d’un énorme tuyau, probablement un gazoduc. Nous concentrons notre regard sur les montagnes absolument superbes qui nous entourent. Les Géorgiens ont le chic pour déposer leurs églises aux emplacements les plus photogéniques.

Montagnes de Mestia, Svanétie, Géorgie Montagnes de Mestia, Svanétie, Géorgie

Nous traversons un pont suspendu et laissons le pipeline sur notre droite pour attaquer la plus belle partie de la promenade, une ascension de quarante-cinq minutes environ jusqu’au géant de glace. Les paysages nous régalent !

Randonnée vers le glacier Chalaadi, Mestia, Géorgie

Juste derrière cette montagne, la Russie

Glacier Chalaadi, Mestia, Géorgie

Nous suivons à travers la forêt une rivière bien trop puissante pour son lit étroit, avant de débouler sur un immense champ de cailloux, au fond duquel nous apercevons le blanc glacier.

Glacier Chalaadi, Mestia, Géorgie

Seulement, en approchant, nous constatons que le chemin s’arrête net au niveau d’une falaise marron. Un trou béant en laisse échapper l’eau de la rivière. Ce n’est qu’une fois le nez collé à la paroi que nous comprenons avec stupéfaction que la falaise EST le glacier. Celui-ci est simplement couvert d’une couche de poussière de montagne qui l’empêche de miroiter au soleil. Deux autres randonneurs nous conseillent de ne pas nous approcher davantage. Effectivement, un éboulement de pierres se produit toutes les cinq minutes, s’écrasant à l’entrée de la curieuse grotte de glace, là où nous serions tentés de marcher.

Pour le retour, pas question de manger à nouveau la poussière le long des travaux, nous trouvons sans souci un taxi à 15 laris pour deux.

Voir l’itinéraire de la randonnée sur Wikiloc

 

Randonnée jusqu’aux lacs de Koruldi depuis Mestia

Après un jour de répit pour nos mollets, les affaires sérieuses reprennent. Nous nous lançons dans une randonnée difficile jusqu’aux lacs de Koruldi (21km, 1450m de dénivelé positif, 8h sans compter la pause pique-nique). Il vaut mieux prévoir beaucoup d’eau, 1,5L par personne voire 2L, ainsi qu’un bon chapeau.Montagnes de Svanétie, Mestia, Géorgie

La pente est très raide dès le départ, sur le flanc boisé d’une colline qui surplombe Mestia. Elle rejoint une piste pour 4×4 qui nous arrosent de poussière chaque fois qu’ils nous doublent. Ils se rendent à la grande croix plantée à mi-chemin, sur un mirador aux vues déjà impressionnantes.

Randonnée jusqu'aux lacs de Koruldi, Mestia, Géorgie Montagnes de Mestia, Svanétie, Géorgie

À partir de cette croix, les arbres sont remplacés par une toundra de chardons et des pics enneigés apparaissent de tous les côtés. Les vues incroyables fournissent l’énergie nécessaire jusqu’aux lacs. Vaches et chevaux sont également de la partie, il n’y a pas de raison que seuls les humains profitent du panorama !

Montagnes de Mestia, Svanétie, Géorgie Vache géorgienne Lacs de Koruldi, Mestia, Géorgie Montagnes de Svanétie, Mestia, Géorgie

Légère déception, les montagnes côté russe ne présentent pas de looping…

Voir plus d’informations pratiques sur caucasus-trekking.com (un excellent blog en anglais sur les randonnées en Géorgie).

 

Revenus à Mestia, nous trouvons le meilleur remède possible pour reprendre des forces : nous achetons la plus petite pastèque du village, 7kg sur la balance pour vous dire à quel point les pastèques géorgiennes sont monstrueuses, et nous en empiffrons jusqu’à plus soif, c’est-à-dire à peine la moitié !

Remède encore plus puissant, nous goûtons le soir à nos premiers khinkalis, sans doute la spécialité géorgienne la plus célèbre. Il s’agit de gros raviolis fourrés traditionnellement à la viande mais aussi aux champignons, à la patate ou au fromage. Notre voisin de table géorgien nous explique de justesse que la queue ne se mange pas. Elle sert uniquement à attraper le khinkali afin de mieux le déguster !

Khinkalis, raviolis géorgiens

Soudain, les notes rapides d’un concert de musique folklorique soufflent un vent de fête dans le restaurant. L’un des clients se lève pour une incroyable danse improvisée sur la pointe des pieds et termine en grand écart, engloutissant sans les mains un verre de chacha posé au sol. Décidément, le Caucase possède des charmes que nous ne soupçonnions pas !

Dessin : danseur russe en géorgie qui fait le grand écart et boit un shot de chacha

Conseils pratiques sur Mestia

Logement à Mestia : L’hébergement le plus répandu, comme dans toute la Géorgie, est la maison d’hôtes et les familles qui les gèrent sont généralement très accueillantes. Nous en avons testé deux :

  • La guesthouse Ametapi (~19€)i : une chambre tout juste rénovée, propre et confortable. La communication difficile ajoute un certain charme, tout comme la vieille terrasse en bois à partager avec la famille.
  • La Data Guesthouse (~26€)i : un accueil au top, en anglais, une belle terrasse avec vue sur la ville et un superbe petit déjeuner optionnel à 10 laris par personne. Vous êtes entre de bonnes mains !

Restaurants à Mestia : Les restaurants proposent plus ou moins les mêmes plats, cependant la qualité varie. Toute la difficulté est d’obtenir une table dans l’un ou l’autre des deux meilleurs :

  • Cafe Laila : la cuisine est délicieuse, l’ambiance est bonne et les prix sont bas. Que demander de plus ! Ah si, il y a des concerts de musique folklorique et une grande terrasse.
  • Sunseti (à ne pas confondre avec le Sunset Café) : pas de terrasse et moins d’ambiance que chez Laila, mais une cuisine traditionnelle encore une fois savoureuse à des prix très raisonnables.

Venir à Mestia en bus depuis Tbilissi : Les marshrutkas partent du terminal Navtlugi à 7h du matin, mais il est préférable d’arriver tôt car les 16 places sont déjà prises dès 6h30. Comme nous étions particulièrement nombreux ce jour-là, le chauffeur a appelé une autre marshrutka à la rescousse. Ce n’est peut-être pas le cas tous les jours. Compter 30 laris et 10h de trajet avec pauses. Il existe d’autres moyens de rejoindre Mestia, par exemple avec un changement à Zugdidi ou Koutaïssi.

 

Ushguli : le bout du monde est en Géorgie

Nous quittons notre maison d’hôtes de Mestia avec deux kilos de belles pommes du jardin. Nous protestons, c’est beaucoup trop ! Mais la famille ne veut rien savoir et nous pousse gentiment vers la sortie.

La marshrutka (encore un petit effort, vous êtes à deux doigts de prononcer correctement !) pour Ushguli démarre en trombe sur la route bitumée, mais ralentit bien vite. L’essentiel du trajet n’est qu’un chemin bosselé, poussiéreux, peuplé de troupeaux de vaches nonchalantes et de randonneurs tout sourire. Le trek de quatre jours qui relie Mestia à Ushguli semble populaire.

Niveau décor, le village d’Ushguli est encore plus impressionnant que Mestia : moins de maisons, autant de tours de pierre et des montagnes spectaculaires. Et puis, avec ses 2100m d’altitude, il s’agirait du plus haut village habité d’Europe. C’est en tout cas ce qu’affirment les Géorgiens.

Village d'Ushguli, Svanétie, Géorgie

Les ruelles du village nous ramènent les pieds sur terre, ou plutôt sur bouse. C’est simple, nous avons l’impression d’un voyage dans le temps. Des enfants se poursuivent à dos de cheval entre de vieux murs prêts à s’effondrer et des poules, cochons ou vaches en liberté.

Cochons d'Ushguli, Svanétie Ushguli, Svanétie, Géorgie

Pour être clairs, il n’y a pratiquement rien à faire à Ushguli. Nous montons sur une colline afin d’admirer le village dans un sens, puis sur une autre pour l’autre sens… et nous avons globalement fait le tour !

Ushguli, Svanétie, Géorgie

Ah si, dans l’un des deux restaurants du village, nous découvrons le sel de Svanétie, sorte de poudre d’épices magique qui rend délicieuse n’importe quelle salade.

Nous remarquons que la plupart des Ushguliotes sont en pleins travaux de fauchage du foin sur les versants alentour. Pas une machine ne daigne les aider, tout est réalisé manuellement. Puisqu’Ushguli passe une bonne partie de l’année sous la neige et qu’il semble y avoir beaucoup plus de vaches que d’hommes, les camions de l’ère soviétique rentrent chargés comme des mulets.

Sieste dans le foin, Ushguli, Géorgie

Repérez-vous l’homme qui roupille ?

Rares sont les touristes qui choisissent de dormir ici. La plupart réalisent l’aller-retour dans la journée depuis Mestia, or nous tenons à randonner. Dans notre vieille auberge déglinguée, la gérante nous prépare le meilleur dîner de tout notre séjour en Géorgie. Elle nous apporte tour à tour plusieurs salades, des aubergines fondantes, des frites à tremper dans une sauce à la prune, un ragoût de légumes, une soupe, un gâteau, de la pastèque… de quoi mettre de côté quelques calories pour randonner jusqu’au pied des montagnes enneigées le lendemain matin !

Ushguli, Svanétie, Géorgie

 

Randonnée vers le glacier Shkhara près d’Ushguli

Lundi 3 septembre. Une bonne partie des Français reprend le métro-boulot-dodo, mais pour nous c’est rando-photo. Nous partons à l’aube pour profiter des divines lumières matinales qui se répandent progressivement dans la vallée.

Randonnée d'Ushguli au glacier Shkhara, Géorgie

Avec deux glaciers en une semaine, nous sommes en plein dans notre ère glaciaire. La randonnée, sans grand dénivelé, consiste à remonter le cours d’une rivière et à la traverser parfois, ainsi que les nombreux ruisseaux qui s’y jettent.

Randonnée d'Ushguli au glacier Shkhara, Géorgie

Plus nous approchons du glacier, plus les cailloux pullulent. Le sol devient un vaste empilement de blocs pas toujours stables.

Randonnée d'Ushguli au glacier Shkhara, Géorgie

Et nous finissons par atteindre la désormais habituelle grotte dans une falaise de glace !

Glacier Shkhara, Ushguli, Géorgie

Nous condensons le récit pour ne pas vous ennuyer, mais sachez que cette marche est plus belle que celle du glacier Chalaadi près de Mestia. Elle est surtout tranquille et sauvage, un bonheur. Prévoir cinq ou six heures pour l’aller-retour.

Voir l’itinéraire de la randonnée sur Wikiloc

Conseils pratiques sur Ushguli

Dormir à Ushguli : De nombreuses familles gèrent des maisons d’hôtes toutes simples. En haute saison (juillet-août), il est préférable de réserver quelques jours avant pour avoir du choix. Nous avons dormi à la guesthouse Mshvidoba (~13€ pour deux)i aux chambres minuscules et sommaires, avec une seule salle de bain pour douze. En revanche, le dîner à 20 laris par personne était excellent et généreux.

Restaurants à Ushguli : Il n’y a que deux bars/restaurants à Ushguli. Le premier nommé Enguri, situé à l’entrée du village près du pont, est un attrape-touristes à éviter. L’autre s’appelle Koshki et sert une nourriture simple et efficace. Le personnel est sympathique à la géorgienne, c’est-à-dire peu au début, beaucoup à la fin. Passez commande au comptoir, cela vous évitera de patienter en vain.

Faut-il intégrer Ushguli à son itinéraire ? Seulement si vous avez le temps et que le décor de Mestia, déjà dépaysant, ne vous suffit pas. Concrètement, nous étions heureux de découvrir ce village et d’y randonner, mais nous nous y serions ennuyés sur une plus longue durée. Enfin, notez bien que la route d’Ushguli est, marshrutkalement parlant, un cul-de-sac. Il vous faudra faire demi-tour et, puisque les horaires de bus ne sont pas pratiques, dormir à Mestia avant ET après Ushguli. Pour ceux qui ne souhaitent pas randonner, un simple aller-retour à la journée peut suffire.

Notre programme détaillé à Ushguli : Arrivée à 12h, déjeuner, visite du village, dîner, coucher de bonne heure, réveil aux aurores, randonnée jusqu’à 12h, déjeuner, départ à 16h.

Argent : Les cartes bancaires sont des objets inconnus à Ushguli. Retirez suffisamment d’espèces à Mestia.

Venir en bus depuis Mestia : Dans le sens Mestia → Ushguli, toutes les marshrutkas partent à 10h et le trajet dure 2h. Cela résulte en un beau lâcher de touristes dans les ruelles à midi. En sens inverse, le départ est à 16h. Réservez directement votre billet aller-retour, nous n’avions pas compris que cela revenait moins cher (30 laris). Pour repérer les agences dans Mestia, c’est simple, elles écrivent toutes être la station de bus principale afin d’attirer le touriste !

En 2018, la route entre Mestia et Ushguli est en cours de bétonnage et pourrait, à en croire notre pifomètre, se voir achevée à l’horizon 2020. Cela devrait diviser par deux le temps de trajet.

 

Notre avis sur la Svanétie

La Svanétie pourrait bien être la plus belle région de Géorgie et ces quelques jours resteront l’un de nos meilleurs souvenirs de voyage. Les paysages de neiges éternelles sont un régal pour les randonneurs et les traditions font la fierté des habitants. Seul point noir : la météo parfois maussade. Nous avons eu de la chance, mais gardez un œil sur les prévisions !

 

Dessin : prononciation de marshrutka

 

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Ce que nous aimons, c'est prendre notre temps. Alors, nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter. Pour en savoir plus, c'est ici.



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18 réponses à “Mestia et Ushguli sur les montagnes de Svanétie”

  1. Marie dit :

    Alors là, ça me tente vraiment, j’ai hâte de voir les autres coins que vous avez visité !! les randos sont bien longues et pour les enfants ça peut être chaud… mais ils vont grandir… la suite, la suite !!!! Guillaume me dit qu’il y a des coins chauds en Géorgie, est-ce vrai ? encore tout cas, ça me paraît pas loin et bien original !! Biz

    • mifuguemiraison dit :

      Oui ces randos-là sont plutôt difficiles mais il y en a de plus simples et plus courtes ailleurs dans le pays ! Guillaume a raison, il y a deux régions séparatistes à éviter : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Mais hormis ces deux zones, le pays est archi sûr depuis une quinzaine d’années. On fait du stop, on sort la nuit, les gens laissent leurs ordinateurs sans surveillance dans les cafés… c’en est même étonnant.

  2. Vos photos sont magnifiques mais celle avec les chevaux l’est particulierement. Je pars en Géorgie l’année prochaine, donc je note tout et j’attends avec impatience la suite de votre périple, vos impressions, conseils, photos et dessins humoristiques. Vous avez une maniere tres agréable de voyager, merci de nous la faire partager!

    • mifuguemiraison dit :

      Merci ! Ils nous ont étonnés à se promener là, les chevaux. Ce pays est une excellent surprise sur tous les plans, c’est un beau voyage qui t’attend !

  3. Virginie dit :

    J’adore… Le Caucase doit regorger de pleins de pépites dans ce genre. Les photos sont justes grandioses et l’atmosphère à l’air plutôt paisible.
    Je pense que c’est un peu comme partout, il doit y avoir des coins un plus chauds.
    alors, ça y est, adieu l’Amérique du sud (et moi qui attendais patiemment des infos sur le Chili !!!), pas grave, il n’y a aucune urgence, l’Europe est très bien aussi, ca donne des idées pour des courts séjours.
    A tout hasard, si sur un malentendu vous décidez de faire un détour par le Yukon, je suis aussi très intéressée.

    Bonne continuation à tous les 2.
    Virginie

    • mifuguemiraison dit :

      Oui, on imagine que plein d’autres villages adorables se cachent dans les montagnes de la région. On a presque envie d’aller voir côté Russie maintenant alors que ça ne nous attirait pas tellement jusque-là. Désolés pour l’Amérique du Sud ! C’est toi qui nous raconteras du coup 🙂
      Le Canada n’est pas au programme pour l’instant, mais un jour peut-être…!

  4. Margaux dit :

    J’ai lu votre retour de cette première étape en Géorgie avec plaisir. Après deux voyages dans le pays, je ne suis encore jamais allée en Svanétie, mais c’est sur ma « liste ». Avez-vous prévu d’aller en Touchétie ? 🙂

    • mifuguemiraison dit :

      Non, on ne pense pas aller en Touchétie. On a hésité pas mal avec la Svanétie, ça a l’air hyper beau, encore plus reculé et sauvage ! C’est là que t’es allée la dernière fois ?

      • Margaux dit :

        Oui ! Honnêtement, rien pour la route (par beau temps évidemment), ça vaut le détour ! Si vous avez l’occasion… 😉

        • mifuguemiraison dit :

          On pense filer bientôt en Arménie avant que le froid ne s’abatte sur la région alors la Touchétie risque de passer à la trappe. Mais on reviendra un jour ou l’autre, ça nous fait rêver d’y randonner !

  5. Constance dit :

    La deuxième randonnée me fait rêver: des paysages magnifiques et même pas trop de dénivelé. Que demande le peuple?
    Quand à la chacha…mes pauvres! Une amie a passé 2 mois en Géorgie et nous a rapporté beaucoup de Chacha qu’on a été forcé de boire à chaque soirée pour finir les bouteilles…ça nettoie bien le gosier dirons nous.

  6. Clémentine dit :

    Merci pour cette belle découverte! Comme je vous l’avais dit sur insta, je n’aurais peut être jamais pensé à la Géorgie pour des vacances, mais entre votre engouement pour Tbilissi et cette magnifique région, ça fait réfléchir pour un prochain voyage « hors des sentiers battus » (même si bon, cette expression…)
    Et si en plus on mange bien et qu’on y entend de vrais chants géorgiens, j’arrive tout de suite 😉

    • mifuguemiraison dit :

      Cette destination n’est clairement pas connue des Français, mais les touristes d’autres horizons ont déjà bien compris l’intérêt de ce pays !
      On t’attend 🙂

  7. yoann dit :

    bonjour,je viens de vous lire, super intéressent, les photos et les paysages sont top. je viens en Géorgie dans 15jours avec un ami, j’ai vraiment hâte d’y être! merci pour votre récit, j’en profite pour noté vos bonne adresses!!!!

  8. Audrey dit :

    Hello vous deux ! Trop chouette ce petit récit, que l’on découvre alors qu’on se prélasse au soleil de Mestia automnale. Ça donne envie de délaisser parfois le vélos pour retrouver nos chères bottes de rando!
    Juste un petit complètement d’informations pour vos lecteurs qui s’en rendraient dans la région : non, la route qui se rend à Ushguli n’est pas un cul de sac 🙂 Elle continue jusqu’à Lentekhi puis Koutaissi, nous sommes arrivés des ce côté sur petites montures. Et c’est absolument splendide! En revanche le terrain est boueux et accidenté (souvent en bien pire état que les derniers kilomètres entre Mestia et Ushguli), c’est pourquoi peu de véhicules y passent. On a seulement croisé 2 voitures et un petit marshrutka la dernière journée (Mele-Ushuguli, 1300 mètres de dénivelé avec un col de plus de 2600 mètres à passer). Mais ça vaut franchement le coup, c’est fantastique !

    • mifuguemiraison dit :

      Ah merci pour l’info ! On n’a juste pas trouvé les chauffeurs les plus téméraires qui osent se lancer sur la piste alors. Bravo à vous, ça a dû secouer sur les vélos !

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