Mi-fugue, mi-raison

Tunis, Sidi Bou Saïd et Carthage : la magie tunisienne opère

Publié dans la catégorie Tunisie, le 19 octobre 2019

Après deux mois en Sicile, nous mettons les voiles vers le territoire voisin, à savoir… la Tunisie ! Les voiles, façon de parler, car nous montons en réalité à bord d’un vieux ferry qui n’a pas le feu à la poupe. Seulement 135km séparent les deux terres à vol d’oiseau, mais il se traîne douze bonnes heures pour rallier Tunis depuis Palerme, le ventre gonflé de voitures aux toits croulant sous les valises, frigos, vélos, chaises, matelas ou tout autre objet qui peut se rapporter au bled.

Ferry de Palerme à Tunis

Nous débarquons ici pour trois semaines, les yeux grands ouverts et avec une forte soif de découverte. Il faut dire, plus personne ne parle de la Tunisie depuis quelques années et cela nous rend d’autant plus curieux. Une révolution pacifiste en 2011 et une série d’attentats beaucoup moins pacifistes en 2015 ont fait fuir les flopées de touristes européens vers d’autres horizons.

Une fois le ferry accosté à La Goulette, le port de Tunis, nous filons à notre premier logement, une chambre chez l’habitant dans une maison traditionnelle de la médina.

Maison d'hôtes à Tunis

Malgré sa cour intérieure toute mignonne, son emplacement idéal et ses avis parfaits en ligne, la maison n’a accueilli qu’une poignée de visiteurs sur l’année écoulée, nous confient les propriétaires. Ce sera ainsi tout au long de notre voyage en Tunisie. D’autant que, sans réfléchir, nous avons planifié ce séjour en plein Ramadan, le mois où le tourisme est au plus bas !

Dans ce premier article tunisien, nous allons vous présenter la capitale Tunis, ainsi que deux belles découvertes toutes proches : le village de Sidi Bou Saïd et les ruines de Carthage.

 

Visite de Tunis et de sa médina

Après une nuit réparatrice, un bon petit déjeuner local et quelques conseils dispensés par nos hôtes, nous sommes d’attaque pour explorer la vaste médina. Nous réalisons rapidement que celle-ci possède deux visages : une zone sud où se retrouvent les souks et l’ambiance qui va avec, dont nous reparlerons, et une zone nord autour de notre logement, calme et terriblement charmante.

Prenez par exemple la rue du Pacha ou la rue Dar El Jeld. Les façades sont blanches comme neige, les volets bleu azur, les portes décorées de mille symboles et les arbustes en fleurs s’échappent des jardins. Le silence est seulement troublé de temps à autre par une mobylette qui pétarade ou une poule qui caquette.

Médina de Tunis, Tunisie Ruelles bleues et blanches dans la médina de Tunis Vieille porte à Tunis

D’autres ruelles sont moins impeccables, portant les marques de l’âge ou manquant de coups de balai, mais cela ne gâche en rien notre balade. Nous longeons plusieurs petits musées et espaces culturels, tels la Maison de la Poésie. Les Tunisiens semblent très attachés à l’art, nous aurons d’autres occasions de le remarquer. Malheureusement, le dimanche, toutes ces portes sont closes.

Médina de Tunis

En approchant du centre de la médina, les ruelles s’animent. Le bout de la rue du Pacha, par exemple, est parsemé de jolis cafés.

Médina de Tunis et mosquée Zitouna Cafés dans les rues de Tunis

Notre premier jour en Tunisie se trouvant être la veille de Ramadan, nous nous empressons de prendre place en terrasse. La serveuse nous recommande le thé à la menthe aux pignons, une invention brillante. Nous étions déjà fans du thé à la menthe classique, mais ces graines en suspension le propulsent dans une autre dimension.

Salon de thé à Tunis Thé aux pignons, Tunisie

Nos échanges avec les Tunisiens sont particulièrement fluides, comme quand cet homme âgé s’enquiert de notre santé, ce jeune nous demande de prendre de belles photos de lui et de les lui envoyer, ou encore lorsque cette mère et sa fille secouent les branches d’un mûrier platane, afin de se goinfrer avec nous. Une belle invention également que cet arbre !

Dessin : se goinfrer sur un mûrier platane en Tunisie

Parmi les nombreuses mosquées de la médina, les plus majestueuses sont celles du centre, en particulier la mosquée Zitouna dont le minaret nous sert souvent de point de repère. L’accès à la salle de prières est réservé aux musulmans, mais nous pouvons marcher dans son enceinte et apprécier ses colonnades.

Grande mosquée de Tunis

Quant aux autres mosquées, nous nous contentons d’admirer leurs minarets de l’extérieur. Ceux de forme octogonale ont été dressés à l’époque de la domination ottomane avec un important progrès technologique : un auvent pour que le muezzin puisse travailler sous la pluie.

Monuments de la médina de Tunis

De la mosquée Zitouna jusqu’à la porte Bab El Bhar s’étendent les souks, malheureusement fermés en ce dimanche. Idem pour les restaurants. À force de tourner, nous découvrons un stand de crêpes à l’omelette, ainsi qu’une autre passion des Tunisiens : la harissa. Pssschhhhhh, font nos langues au contact du piment.

Bougainvilliers à Tunis

Nous remontons ensuite jusqu’à la place Bab Souika. Là commence le Souk de l’Halfa, un marché de nourriture ouvert le dimanche. En cette veille de Ramadan, il ne manque d’ailleurs pas d’animation, chacun recherchant des mets plus gourmets qu’à l’ordinaire pour faire plaisir à sa famille les soirs à venir.

Marché à Tunis Marché aux poissons en Tunisie

Alléchés par les pâtisseries, nous tentons de recycler quelques mots appris lors de notre voyage au Maroc.

Choukran bizef ! (merci beaucoup)

– Ah, non mes amis, c’est de l’algérien ça. Ici on dit Chokran jazilan.

Une petite mise à jour de notre vocabulaire s’impose !

Souk Halfaouine à Tunis Barbe à papa à Tunis

En soirée, nous nous rendons à la ville « française », c’est-à-dire le quartier érigé sous le « protectorat » français. L’avenue principale Habib-Bourguiba fait office de Champs Elysées tunisiennes, avec de larges espaces, des bâtiments pompeux, des boutiques de grandes marques, un élégant théâtre et même une cathédrale qui ne doit pas servir souvent. Nous n’avons pas simplement traversé la porte Bab El Bhar à la sortie de la médina, nous avons changé de monde.

Avenue Habib Bourguiba à Tunis Cathédrale Saint-Vincent de Paul à Tunis

Les autres rues de ce quartier français ne sont pas aussi chics, mais tout autant vivantes, notamment vers le Marché Central qui n’est rien de moins qu’un souk en version carrée et organisée.

Magasin tout joli à Tunis

Nous dînons rue du Caire, sur les conseils de nos hôtes. S’y alignent des restaurants tenus par des Sfaxiens, nous précisent-ils.

– Ah bon ? Quelles sont les spécialités de la ville de Sfax ?

– Oh, rien, mais les Sfaxiens sont des gens sérieux et efficaces.

Nous pouvons en effet vous recommander le Restaurant Le Caire, simple et bon marché, au personnel bienveillant. Pour 13 dinars à deux, nous dégustons nos premières bricks à l’œuf (encore une excellente spécialité de Tunisie) ainsi qu’un autre plat, l’ojja, qui ne manque pas de harissa (pssschhhhhh, refont nos langues).

Brick à l'oeuf tunisienne

Une brick croustillante, à déguster avec le plus possible de citron pressé.

Lorsque nous retraversons la médina de nuit, de rares lanternes éclairent les sacs plastiques qui volent et les chats qui errent. Toute une atmosphère !

Ruelle de la médina de Tunis la nuit

 

La ville de Tunis durant Ramadan

De retour à Tunis dix jours plus tard, après un petit tour dans le sud du pays, le jeûne de Ramadan bat désormais son plein.

Nous nous cassons d’abord les dents sur des portes fermées. Les musées et les « dars », ces vieilles maisons transformées en lieux culturels, tournent avec des horaires réduits, voire ne tournent pas du tout. Si vous êtes dans notre cas, le mieux est d’appeler avant de se rendre quelque part.

Les souks, en revanche, sont enfin ouverts et la médina s’en trouve toute animée. Pourquoi parlons-nous de souks au pluriel ? Parce que chaque section de la médina est, ou était, spécialisée dans un type de marchandises. Nous serions incapables de citer leurs noms officiels, mais nous repérons une zone de vendeurs de chapeaux, une autre de babouches, le souk des bijoux ou encore celui des herbes.

Souk d'artisanat à Tunis

Un petit conseil shopping : évitez les deux longues ruelles qui mènent à la porte Bab el Bhar, en particulier vers ladite porte. Les produits ne sont pas très intéressants avec beaucoup de Made in China. Pour des articles d’artisanat local, visez plutôt le centre de la médina.

Vous commencez à nous connaître, notre souk préféré est celui des pâtisseries. Les parfums de miel et de fleur d’oranger se mêlent à une large dose de bonne humeur. Par solidarité, nous comptons faire semblant que nous jeûnons… personne n’y croit une seconde et les vendeurs nous déposent d’office des gâteaux dans les mains. Nous en repartons avec les papilles saturées, les doigts collants comme jamais et un sac rempli de sucreries de toutes formes.

Sucreries au souk de Tunis Pâtisseries tunisiennes

Globalement, nous trouvons les commerçants de la médina de Tunis très relax, vraiment pas du genre à harceler, ou alors un petit « Juste pour le plaisir des yeux » sans trop y croire. L’un d’eux, à contre-courant, tente : « Si vous voulez dépenser chez moi, y’a pas de problème ! ».

Autour de la mosquée Zitouna, des boutiques font la publicité de leur terrasse avec vue, tels le Palais d’Orient ou le Groupement Artisanal. Le panorama sur les toits de Tunis y est assez sympathique. Aucune obligation d’achat, les gérants vous conseilleront simplement de jeter un coup d’œil à leurs articles avant de repartir.

Vue depuis les toits de Tunis

Sinon, le mieux est de trouver le café-terrasse El Bey et de monter y prendre un thé avec vue (et pignons, bien sûr !). Le lieu ouvre habituellement en journée, mais nous y étions de nuit, entourés de groupes de jeunes tunisiens venus rire et papoter jusque tard.

D’ailleurs, les soirées de Ramadan sont endiablées dans la médina de Tunis. Il faut que nous vous racontions. Alors que nous flânons à l’approche du coucher de soleil, nous assistons étonnés à de grands préparatifs. Des tables et des chaises sont alignées par milliers dans les ruelles, des tapis déroulés et des fleurs suspendues, là où il n’y a d’habitude rien d’autre que des chats qui roupillent.

Sieste de chat

Puis, la demi-heure qui précède le coucher du soleil est très spéciale. La ville ralentit, les voitures désertent les rues, les pères jouent avec leurs enfants, des livreurs s’agitent…

Place de la Kasbah à Tunis

À dix minutes de l’appel du muezzin, l’agitation revient. Les passants s’enfoncent dans les ruelles de la médina et poussent la porte de l’un des restaurants. Ces derniers proposent des menus « spécial Ramadan » à deux ou trois fois le prix classique et toutes les tables sont déjà réservées des semaines à l’avance. Faute de réservation et d’inspiration, nous finissons par retourner chez les honnêtes Sfaxiens de la rue du Caire.

La rupture du jeûne se fait en famille ou entre amis dans la joie, la bonne humeur et surtout… à une vitesse incroyable ! En à peine quinze minutes, les ventres affamés engloutissent l’équivalent de deux repas. Tout ce beau monde passe ensuite la soirée dans les rues de Tunis, à boire du thé à l’amande (pour changer du pignon), fumer le narguilé, rire, chanter, danser au son des musiciens qui s’installent un peu partout.

Médina de Tunis un soir de Ramadan

L’ambiance, ultra festive, distille dans la médina une gaieté sacrément contagieuse. Et encore, il paraît que les soirées gagnent en intensité sur la deuxième moitié du saint mois, lorsque les corps se sont habitués à la rudesse de l’épreuve. Qu’est-ce que cela doit être !

Gif animé : fête de Ramadan dans la médina de Tunis

À noter : à plusieurs reprises, on nous a conseillé d’apporter le moins d’argent et de signes de richesse possible dans la médina de Tunis lors des soirées de Ramadan. Des petits malins profiteraient de l’agitation et de l’insouciance pour détrousser les bonnes gens. Nous n’avons pas ressenti d’insécurité mais nous passons le mot, sait-on jamais.

 

Notre avis sur Tunis

Même si nos visites ont été freinées par les fermetures exceptionnelles, nous gardons un excellent souvenir de Tunis. Cette ville est fascinante, charmante à souhait, et zen pour une capitale, même lorsqu’il y a foule. Sans parler du patrimoine de la médina, très bien conservé. Il ne faut juste pas être trop regardant sur les déchets qui jonchent les rues. Nous aurions presque envie d’y revenir pour boire du thé durant des heures en terrasse, avec ou sans pignons. Nous vous conseillons de passer au moins un ou deux jours à Tunis, sans compter Sidi Bou Saïd et Carthage.

Conseils pratiques pour visiter Tunis

Venir à Tunis depuis Palerme en Sicile

Évidemment, le plus rapide est l’avion, une heure de vol seulement. Mais puisque nous n’étions pas pressés, autant polluer quatre fois moins et grimper à bord d’un ferry. Le billet coûte 43€ + 6,50€ de « frais de port ». Il ne faut pas s’attendre à une croisière tout confort, mais c’est très correct dans l’ensemble. Il existe d’autres ferries qui rejoignent la Tunisie depuis des ports européens tels que Marseille ou Gênes. Pour connaître les horaires et les tarifs des traversées, vous pouvez passer par le comparateur DirectFerriesi.

Le débarcadère de Tunis se trouve au port de La Goulette. Il est possible de rejoindre rapidement le centre-ville de Tunis avec le TGM (une sorte de métro). À 22h, nous avons préféré prendre un taxi (10€ en tarif nuit). Le port dispose d’un bureau de change, mais les taxis acceptent les euros.

Se déplacer à Tunis

Les principaux points d’intérêt que nous avons visités à Tunis sont proches les uns des autres et nous nous sommes donc essentiellement déplacés à pied. Pour se rendre plus loin, il existe des tramways et des bus, ou encore l’application Bolt, une sorte d’Uber qui transmet la demande à de vrais taxis. Mieux vaut avoir un numéro de téléphone local, car les chauffeurs ont tendance à appeler pour confirmer le lieu de rendez-vous.

Dormir à Tunis

Nous avons trouvé notre chambre sur Airbnb (~29€ la nuit), chez un couple sympa aux discussions très intéressantes. Le petit déjeuner est savoureux, la maison charmante, et située dans l’un des plus jolis coins de la médina de Tunis.

À voir aussi à Tunis

Comme les ressources sur le tourisme à Tunis sont rares, nous nous permettons d’ajouter ici quelques recommandations envoyées par une lectrice, mais que nous n’avons pas pu tester. Merci à elle !

  • Le musée du Bardo : immense, il retrace l’histoire de la Tunisie. Inratable, nous a-t-on dit.
  • Dar Lasram : une maison traditionnelle du 18e siècle, aujourd’hui centre culturel.
  • Medersa Bir Lahjar : les anciens dortoirs étudiants de la grande mosquée et leur très belle architecture.
  • Dar Al Jaziri : la Maison de la poésie, elle aussi dans une maison traditionnelle.
  • Le Fondouk El Attarine : un très bon restaurant dans un ancien caravansérail.

 

Sidi Bou Saïd, village blanc et bleu au-dessus de la mer

Après l’escapade dans le sud évoquée plus tôt, nous décidons de nous installer une semaine entière dans la banlieue de Tunis. Pas une banlieue grise, non, plutôt une banlieue coquette et raffinée. Nous dégotons un charmant petit appartement doté d’une terrasse fleurie, dans un quartier tout aussi fleuri, et situé pile entre Sidi Bou Saïd et Carthage, deux lieux parmi les plus touristiques de Tunisie.

Fleur d'hibiscus

En dix minutes à pied, nous sommes dans le centre de Sidi Bou Saïd. Ce village nous fait l’effet d’un jardin, véritable méli-mélo de palmiers, pins, ifs, citronniers et bougainvilliers chatoyants. Sans parler du parfum de jasmin qui envahit certaines ruelles et mènerait presque à l’extase.

Porte bleue tunisienne

S’ajoute à cela un florilège de maisons plus belles les unes que les autres, méditerranéennes jusqu’au bout de leurs persiennes.

Ruelle de Sidi Bou Saïd, Tunisie Artisanat à Sidi Bou Saïd, Tunisie

Attendez, ce n’est pas fini, car Sidi Bou Saïd offre des vues sur une mer à la couleur affolante, s’aventurant quelque part entre le turquoise et le… givré !

Mer turquoise à Sidi Bou Saïd

Nous comprenons rapidement qu’il vaut mieux explorer Sidi Bou Saïd tôt le matin. Même s’il y a peu de touristes en Tunisie, le centre est riquiqui et sert de décor à un vaste concours de selfies dès 10h, lorsque les groupes débarquent en car, avant de revenir à la normale vers 17h.

Le lieu le plus célèbre du village est probablement le Café des Délices, dont la propagande publicitaire est assurée par la voix cassée de Patrick Bruel.

Dessin : Mi-raison chante le café des délices à tue-tête

Il est vrai que son emplacement est idéal…

Café des délices à Sidi Bou Saïd

… mais fuyez ! L’établissement est devenu un attrape-touristes notoire où toutes les arnaques sont permises. Nous proposons de le renommer en « Café des Délits ».

Poursuivez plutôt vers le fond du village où se trouve un beau belvédère avec vue sur le port en contrebas et toute la côte jusqu’à Tunis. Tenez, même sous des nuages, l’eau conserve sa teinte surnaturelle.

Port de Sidi Bou Saïd,Tunisie

Nous croisons là Mustapha et Medhi, deux personnages fort bavards, qui, comme souvent pendant notre voyage en Tunisie, nous embarquent en un clin d’œil dans une discussion profonde sur la société, la culture, la politique, la religion… Lorsque nous leur affirmons trouver les Tunisiens particulièrement zens, ils nous expliquent que les nombreuses vagues d’invasions à travers l’histoire les ont habitués à la diplomatie et à la concorde, tandis que les Algériens et les Marocains disposaient de montagnes où se réfugier.

Les deux amis nous recommandent une balade que nous vous présentons à notre tour : descendez la colline jusqu’au niveau de la mer via la rue Hedi Zarrouk puis la rue de l’Environnement, visitez le port de plaisance de Sidi Bou Saïd en sirotant un café en terrasse (hors Ramadan), admirez les villas sur les hauteurs et trempez vos orteils sur la mini plage, avant de les sécher en remontant en direction de la station de TGM Carthage Amilcar.

Port de Sidi Bou Saïd, Tunisie Colline de Sidi Bou Saïd, Tunisie

À Sidi Bou Saïd, nous conseillons aussi mille fois de visiter le Palais du Baron d’Erlanger (5 dinars). Bien qu’érigé par un étranger, il représente l’un des plus beaux exemples d’architecture d’intérieur arabe de Tunisie. Ce baron est d’ailleurs à l’origine de la mode des portes et volets bleus, qui s’est ensuite répandue comme une traînée de poudre dans le pays.

Intérieur du Palais du Baron, Sidi Bou Saïd Palais du Baron, Tunisie

Par curiosité, nous explorons aussi la ville voisine, La Marsa, mais nous sommes assez déçus. Concentré d’immeubles cossus, elle rassemble les riches Tunisiens et expatriés qui se déplacent dans de grosses voitures. Par comparaison avec Tunis ou même Sidi Bou Saïd, la vie locale semble effacée et nous n’y retrouvons pas le charme tunisien.

Ville de La Marsa, Tunisie

Ce quartier recèle normalement de bons restaurants dont nous comptions profiter, or ils sont quasiment tous fermés pendant Ramadan, même le soir. Ah si, la boulangerie Paul reste ouverte et sert des plats en journée, bon à savoir en cas de fringale urgente.

 

Conseils pratiques pour visiter Sidi Bou Saïd

Se déplacer entre Tunis, Carthage, Sidi Bou Saïd et La Marsa

Le plus simple est d’emprunter le TGM, un petit métro-train qui passe toutes les 20 minutes pour 0,700 dinars. Pourquoi trois chiffres après la virgule ? Parce que les Tunisiens comptent en millimes, et non en centimes. Sinon, pour des trajets moins évidents ou de nuit, l’application de taxis Bolt est bien pratique par ici.

Manger à Sidi Bou Saïd

Désolés, nous ne pouvons rien vous conseiller car nous avons systématiquement cuisiné chez nous. Il paraît que des cafés restent ouverts même pendant Ramadan, mais nos recherches ont échoué.

Dormir à Sidi Bou Saïd

Ce village étant l’un des plus chers de Tunisie, nous étions contents de dénicher cet appartement sur Airbnb pour un prix correct (~37€ la nuit). Il est mignon, situé dans un quartier résidentiel charmant, proche à la fois d’une station de TGM, du centre de Sidi Bou Saïd et des ruines de Carthage.

 

Carthage, fierté antique de la Tunisie

Nous connaissions le nom de la mythique Carthage sans savoir la situer. Eh bien elle se trouve ici, à deux pas de Tunis. Une région décidément riche en découvertes !

Nous nous attendions à un vaste site archéologique, mais il s’agit plutôt d’une multitude de petites zones, entre lesquelles la nouvelle ville de Carthage s’est reconstruite. Puisque nous habitons à proximité, nous choisissons de tout visiter à pied. Nous y découvrons pêle-mêle :

– Des villas romaines aux murs fatigués, mais aux sols préservés.

Villas romaines à Carthage, Tunis

– Des thermes romains, l’un des sites les plus impressionnants de Carthage. Leur taille devait être phénoménale, celle d’un immeuble de huit étages paraît-il !

Voyage à Carthage, Thermes d'Antonin

– Une cathédrale de style arabo-chrétien bâtie sur des ruines romaines, elles-mêmes construites en écrasant des ruines puniques.

Cathédrale Saint-Louis de Carthage, Tunisie

– L’esplanade du musée national de Carthage, fermé actuellement pour rénovation, mais qui offre une vue impressionnante sur la ville.

Port punique de Carthage, Tunisie

– Un amphithéâtre romain, bien préservé.

Amphithéâtre romain de Carthage

– Et enfin, un port punique qui, sous ses airs de simple lac, représentait à l’époque un chef-d’œuvre d’architecture. Les Carthaginois, se sentant menacés par les Romains, avaient élaboré ici un port militaire ultra-secret capable de cacher jusqu’à 220 navires sur plusieurs étages. Cela n’a pas empêché les Romains de gagner la bataille, mais c’est une autre histoire.

Ports puniques de Carthage, Tunisie

À l’époque, Carthage était devenue si prospère et puissante qu’elle faisait de l’ombre à Rome. Un politicien romain ponctuait à ce propos chacun de ses discours par un tonitruant « Il faut détruire Carthage »… et ses concitoyens ont fini par l’écouter. Cette visite nous rappelle à quel point l’histoire méditerranéenne fut intense.

Si vous souhaitez suivre nos pas à Carthage, nous avons rassemblé nos visites sur cette carte :

Conseils pratiques pour visiter Carthage

Un billet combiné à 12 dinars donne accès à l’ensemble des sites de Carthage, exceptée la cathédrale Saint-Louis (6 dinars).

Notre visite pédestre nous aura pris 4h au total. À la fin, un trajet de TGM nous a reconduits près de Sidi Bou Saïd. Pensez à emporter eau et crème solaire, car le soleil cogne.

Une bonne alternative pour explorer Carthage est le vélo. Notre lectrice-bienfaitrice nous a recommandé l’agence de location Lemon Tour qui fournit des conseils et une idée de circuit. Comptez 25 dinars pour une journée de location ou 15 dinars la demi-journée.

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter. Pour en savoir plus, c'est ici.


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8 réponses à “Tunis, Sidi Bou Saïd et Carthage : la magie tunisienne opère”

  1. Arnaud dit :

    J’avais trouvé ma semaine à Tanger bien trop courte ce printemps (alors que j’y étais aussi en plein ramadan). Pour l’année prochaine, j’envisage de retourner au Maghreb en me posant quelques semaines une ville. Est-ce que Tunis est une ville adaptée au nomadisme numérique pour un séjour d’un mois ? Au niveau de la communication, le français est encore bien parlé dans la région ?

    • mifuguemiraison dit :

      Si t’as aimé Tanger, tu devrais aimer Tunis ! On y trouve sans problème une bonne connexion, la ville est animée, ça ne nous semble pas absurde du tout d’y prévoir un mois. Oui le français est très bien parlé, c’est impressionnant !

  2. Martine dit :

    J’adore toujours les dessins animés ! Ça ne doit pas être facile à fabriquer par rapport à un simple dessin ! Bravo !
    Mais félicitations aussi pour la qualité des textes, les jolies photos, votre capacité d’observation, votre gentillesse etc…..

  3. Yasmine dit :

    Beau récit de voyage. Etant tunisienne et ayant vécu toute ma vie à Tunis je me dois de défendre la Marsa. Elle cache aussi des coins sympa et authentiques. Je citerai la place Safsaf avec son fameux café et ses gargottes de Brick et de pommes de terre frites. Il faut absolument y goûter aux fricassés tunisiens. Ce sont des beignets frits fourrés au thon, aux pommes de terres, au persil et bien sûr à la Harissa. Je recommande aussi le bar/resto/hôtel Plaza avec ses terrasses à la déco kitsch qui ne désemplit pas, sauf pendant Ramadan…

  4. Il est magnifique cet article ! Je rêve de cette médina et de ces ruelles blanches et bleues. Maintenant je rêve de voir Tunis <3 Merci pour cette belle balade !

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