Mi-fugue, mi-raison

Balades dans les villages colorés de Tenerife

Publié dans la catégorie Canaries (Espagne), le 17 août 2017

Si nous sommes fans des paysages naturels de l’île de Tenerife, il serait bien dommage de ne pas parler du charme de ses villes ! Leurs seuls noms invitent au voyage : San Cristóbal de la Laguna, Santa Cruz de Tenerife, Icod de Los Vinos, Garachico…

Dessin : à quoi font penser les noms des villes et villages de Tenerife ?

Ce qui marque le plus, dans une ville à Tenerife, ce sont les couleurs. Chaque bâtiment tente de se démarquer en arborant une teinte inédite. Toutes les couleurs de la palette y passent, sans discrimination pour les plus originales telles le vert pistache, le rose fuchsia ou le jaune poussin. Ajoutez à cela un grand nombre de plantes exotiques qui agrémentent les places et jardins : palmiers, bougainvilliers, cactus, oiseaux de paradis, flamboyants, lauriers des Indes… Il n’en fallait pas plus pour que nous adorions nous perdre dans ces joyeux centres-villes !

Mesdames et Messieurs suivez-nous, nous vous emmenons faire le tour des villes et villages emblématiques de l’île. Les photos sont autorisées, mais sans flash s’il vous plaît.

 

San Cristóbal de la Laguna

Commençons par la ville où nous logions et que nous avons souvent arpentée pendant nos deux mois sur l’île : San Cristóbal de la Laguna (ou La Laguna tout court, pour les intimes). Ce qui fait son charme, ce sont les nombreuses demeures anciennes, pour la plupart reconverties en bâtiments publics ou musées. Grâce à cela, il est possible de pousser la porte et de jeter un œil à leurs beaux patios autrefois cachés. C’est dans la Calle San Augustin que vous en verrez le plus.

San Cristobal de La Laguna, Tenerife

Notre patio privé, où nous prenions le petit-déjeuner. Non, c’est une blague !

Les conquistadors, qui faisaient généralement escale aux Canaries, ont trouvé l’urbanisation de cette ville si réussie, avec ses rues pavées perpendiculaires, ses églises et ses grandes places, qu’ils s’en sont inspirés pour tracer les plans de plusieurs grandes villes du Nouveau Monde. Nous trouvions que La Laguna avait un air d’Amérique latine, mais c’est en fait l’inverse !

San Cristobal de La Laguna, Tenerife

Notre première visite de La Laguna est une surprise. Il n’y a pas un chat dans les rues et la plupart des boutiques sont fermées. Nous revérifions nos montres et nos calendriers, nous sommes pourtant un samedi après-midi.

Dessin : y'a personne dans les rues de La Laguna ?

Nous finissons par comprendre que nous sommes à l’heure de la pause de mi-journée, et qu’ici elle est sacrée ! Pas seulement à La Laguna, d’ailleurs, puisque nous retrouvons cette surprenante habitude dans toutes les villes de l’île. Gardez donc bien en tête nos deux conseils suivants :

  • si vous souhaitez profiter de l’ambiance des villes, venez soit avant 13h, soit après 17h.
  • si vous comptez détrousser une banque, vous serez plus tranquilles entre 13h et 17h.

L’autre défaut de cette ville est sa météo, plus froide et plus pluvieuse que partout ailleurs à Tenerife. Ce n’est pas l’endroit idéal pour loger, à part si vous fuyez une vague de chaleur.

 

San Cristobal de La Laguna, Tenerife San Cristobal de La Laguna, Tenerife San Cristobal de La Laguna, Tenerife

Conseils pratiques sur San Cristóbal de La Laguna

Visite guidée : L’office de tourisme de La Laguna organise chaque jour des visites gratuites dans plusieurs langues dont le français. Le tour commence à 11h30 et dure 1h. C’est un peu court mais néanmoins intéressant. Réservation obligatoire la veille, voire deux jours avant en haute saison (par téléphone au +34 922 63 11 94).

Restaurants : Voici deux bons plans pour déjeuner ou dîner sans vider votre porte monnaie :

  • Somos Lo Que Comemos : un sympathique petit restaurant vegan qui fait, entre autres, de délicieuses croquetas et tortillas. 6€50 le menu.
  • Zumeria Tamarindo : très typique, cette zumeria (qui se traduit par « bar à jus de fruits ») propose aussi plusieurs plats. Comptez moins de 3€ pour un hamburger et encore moins pour un grand jus de fruit frais.

Bar : Là encore, nous avons une adresse bien typique à vous recommander : le Bodegon Tocuyo, un bar à vin aux murs couverts d’inscriptions. Le vin manque un peu de finesse mais les prix bas compensent. Il est aussi possible de manger quelques tapas. Essayez d’arriver tard pour profiter de l’ambiance et ne vous souciez pas des coques de cacahuètes déchiquetées qui jonchent le sol, le propriétaire vous expliquera que c’est la tradition !

 

Santa Cruz de Tenerife

Conçue à l’origine pour être le petit port de La Laguna, Santa Cruz a tellement grossi au fil des siècles qu’elle lui a volé le titre de capitale. L’ingrate…

Nous tombons un peu par hasard sur des ruelles anciennes et de belles petites places, dans le quartier de l’église Nuestra Señora de la Concepción. Des fanions sont suspendus partout au-dessus de nos têtes. La ville est probablement en train de se préparer à la fête, à moins que ce ne soit juste pour célébrer notre passage.

Santa Cruz, Tenerife, Canaries

Le reste de Santa Cruz est totalement différent. Nous sommes dans une grande ville à l’espagnole, avec un centre dynamique, des chaînes de magasins et une longue rambla pour déambuler en fin d’après-midi à l’ombre des grands arbres.

Ce qui nous a le plus surpris, ce sont les plateformes pétrolières amarrées face à la ville. Difficile de ne pas remarquer les cinq ou six titans d’acier qui attendent ici leur prochain lieu d’attribution.

Dessin : plateforme pétrolière à Santa Cruz de Tenerife

Mais bon, tâchons d’oublier ! Le monument emblématique de Santa Cruz est son auditorium, une belle structure en forme de vague. Il fait penser à un bout d’opéra de Sydney qui se serait échoué ici.

Auditorium de Santa Cruz, Tenerife

Le dimanche, le joli marché couvert de Nuestra Señora de Africa s’anime. Concrètement, les stands soigneusement présentés sont surtout alimentaires et vous risquez d’être déçus si vous venez de loin pour visiter le lieu. En revanche, si vous êtes dans le coin, profitez-en pour repartir avec un pot de mojo (une sauce canarienne à base de poivrons, de persil ou de coriandre), de miel de palme ou une liqueur de banane. Le quartier alentour est bien animé, avec des petits bars à tapas où les locaux boivent un coup en terrasse avant de rapporter les courses à la maison.

Marché de Santa Cruz, Tenerife Marché de Santa Cruz, Tenerife

 

Puerto de la Cruz

Passons à Puerto de la Cruz, que nous traduirons « Port de la Croix », juste pour vous impressionner avec nos progrès en espagnol. Ce fut la première cité balnéaire de Tenerife, construite à l’époque où les Britanniques commençaient à découvrir le potentiel touristique de l’île. La ville concentre un peu trop d’immeubles de béton, mais nous avons bien aimé nous promener en bord de mer où il règne une belle ambiance estivale. Pour les adeptes du farniente, une baignade dans les eaux turquoise de l’immense Lago Martiánez s’impose.

Puerto de la Cruz, Tenerife Puerto de la Cruz, Tenerife Lago Martianez, Puerto de la Cruz, Tenerife

 

La Orotava

Bien plus typique et intéressante que Puerto de la Cruz, pourtant toute proche, La Orotava a longtemps occupé le rôle de seconde plus grande ville de Tenerife. Elle est construite toute en pente, sur le flanc du volcan Teide. Si les mollets sont sollicités, cela ajoute un charme incontestable aux ruelles colorées du vieux centre de La Orotava. Nous sommes revenus plusieurs fois imprégner nos rétines de ses belles demeures d’époque, de ses balcons en bois et de ses places avec vue sur l’océan.

La Orotava, Tenerife, Canaries La Orotava, Tenerife, Canaries La Orotava, Tenerife, Canaries La Orotava, Tenerife, Canaries La Orotava, Tenerife, Canaries

Pour se reposer les jambes, La Orotava comprend deux jolis parcs situés l’un près de l’autre : le jardin Victoria, propret et tout fleuri, et le jardin botanique qui rassemble quelques plantes curieuses en pagaille. Pour les amateurs, sachez qu’un grand jardin d’acclimatation se visite quelques kilomètres plus bas, à Puerto de la Cruz. Nous n’y sommes pas entrés mais nous avons enfin compris à quoi servait un « jardin d’acclimatation » : les botanistes espagnols importaient des centaines d’espèces d’Amérique du Sud et tentaient ensuite, dans ce laboratoire à ciel ouvert, de les préparer au froid climat européen.

Dessin : le jardin d'acclimatation de Tenerife

Si vous êtes à Tenerife début juin, sachez que c’est la période du Corpus Christi, une grande fête qui pare les rues de La Orotava de nombreux tapis de fleurs et de fresques dessinées avec les différentes couleurs de sable de l’île. Nous n’en avons malheureusement aperçu que les préparatifs.

La Orotava, Tenerife, Canaries La Orotava, Tenerife

 

Garachico

Aaaah Garachico ! Avec son nom chantant, sa trogne de village andalou et la petite musique diffusée dans ses rues, Garachico sait séduire. Sachez qu’il a été élu plus beau village de l’île par un jury constitué de… nous deux.

Village de Garachico, Tenerife

Son développement économique avait bien démarré, en tant que port principal de Tenerife. Or le volcan du coin en a décidé autrement : en 1706, une coulée de lave ravage le village et rend le port inutilisable. Les habitants aimaient tant leur village qu’ils ont pris la décision de le rebâtir, mais les bateaux, eux, se sont déplacés à Puerto de la Cruz.

Village de Garachico, Tenerife

Le maigre point positif de cette tragédie, ce sont les piscines naturelles qui se sont formées à deux pas du centre-ville : le Charco El Caletón. N’oubliez pas votre maillot de bain !

Il ne faut surtout pas hésiter à grimper en haut du village pour admirer la vue sur le rocher qui se dresse dans la mer juste en face. Nous vous recommandons également un délicieux glacier artisanal nommé Fragola, situé sur la route qui longe la mer, non loin du charco.

 

Icod de Los Vinos

Icod de Los Vinos est encore un village typique et tout en pente, avec vue sur la mer.

Icod de los vinos, Tenerife

En plus des jolies ruelles, les touristes viennent de loin pour admirer l’arbre célèbre qui habite ici : El Drago Milenario. Il s’agit du plus vieux dragonnier du monde, une espèce locale à la silhouette originale. Les dragonniers ont failli disparaître lorsque les Européens ont découvert les vertus pharmaceutiques d’une substance rouge, le sang-dragon, qui s’écoule d’un tronc blessé. Ce fut un massacre, un véritable bain de sang-dragon dont le vénérable El Drago, du haut de ses dix-huit mètres, peut être considéré comme un rescapé.

Icod de los vinos, Tenerife Dragonnier d'Icod de los vinos, Tenerife

 

Masca

Pour terminer cette visite guidée, nous vous emmenons à Masca, un village niché au cœur d’un paysage époustouflant. Trois cent soixante degrés de montagnes escarpées encerclent les quelques paisibles maisons et les palmiers qui les accompagnent.

Masca, Tenerife, Canaries Masca, Tenerife, Canaries Masca, Tenerife, Canaries

Pour les courageux, l’une des plus belles randonnées de Tenerife part de Masca et suit un ravin jusqu’à la mer. De là, vous pouvez attendre un bateau qui vous mène à Los Gigantes puis prendre un taxi pour remonter à Masca.

Masca, Tenerife, Canaries

Au fond, la vallée de la randonnée, que nous n’avons malheureusement pas réalisée, trop occupés dans l’Anaga !

Enfin, sachez que les deux routes qui mènent à Masca, que ce soit celle du nord ou celle du sud, proposent des miradors à ne pas rater.

Masca, Tenerife, Canaries Masca, Tenerife, Canaries Masca, Tenerife, Canaries Santiago del Teide, Tenerife, Canaries

 

Participer à une romería, fête traditionnelle canarienne

Nous avons eu la chance d’arriver à Tenerife en pleine saison des romerías. Ce sont des fêtes qui se tiennent tour à tour dans la plupart des villes et villages de l’île durant les week-ends de mai à août. À l’origine, les célébrations sont pieuses, mais personne n’est dupe : elles sont surtout un bon prétexte pour s’amuser, chanter, danser, manger, voire picoler !

Romeria à Tenerife, Canaries Romeria à Tenerife, Canaries

Des locaux nous ont recommandé en particulier la romería du village de Las Mercedes, à trois kilomètres de La Laguna. Et nous n’avons pas été déçus !

Des dizaines de chars défilent, tirés par d’énormes bœufs. Vraiment énormes ! Au sommet des chars, enfants et adultes se penchent pour offrir toutes sortes de mets aux spectateurs : du gofio (une farine de céréales typique des Canaries servie ici mélangée à du miel), des patates fripées, des tartines de chorizo, des bananes, des fèves, des oeufs durs, du pop-corn et même des grillades cuites au barbecue. Rien de très gastronomique mais ça nourrit ! Le tout est arrosé de vin local ou de sangria. Heureusement, on nous avait prévenus : « À une romería, il vaut mieux venir le ventre vide ».

Romeria à Tenerife, Canaries

Qui veut du pop-corn ?

Romeria à Tenerife, Canaries

Zut, j’ai oublié d’en garder pour moi…

Romeria à Tenerife, Canaries

Entre deux chars, des musiciens et des danseurs mettent l’ambiance. C’est très joyeux, tout le monde rigole, s’amuse, se salue en parlant très fort. Quelques troupeaux de moutons ou de chèvres traversent la foule, guidés tant bien que mal par des bergers et leurs chiens. Et le plus beau dans tout cela, c’est que ce n’est absolument pas organisé pour les touristes. Les habitants, qui attendent ça toute l’année, sortent du placard leurs costumes traditionnels et s’amusent en famille.

Il paraît que toutes les romerías ne se valent pas et que celle de Las Mercedes est l’une des plus festives. Elle se tient généralement fin mai, mais n’hésitez pas à assister à celles d’autres villages si vous arrivez à une autre période. Enfin, sachez que le deuxième plus grand carnaval du monde, après Rio de Janeiro bien sûr, se déroule à Santa Cruz autour du mois de février.

 

Retrouvez les villes et villages cités sur la carte :

 

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Ce que nous aimons, c'est prendre notre temps. Alors, nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter, afin de nous imprégner des ambiances particulières à chaque coin du monde. Pour en savoir plus, c'est ici.



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6 réponses à “Balades dans les villages colorés de Tenerife”

  1. Mathilde dit :

    Souvenir souvenir !

  2. Martine dit :

    Votre texte est guilleret ! c’est sympa ! aussi sympa que vous !

  3. geoffrey dit :

    À chaque romería est associée un « baile de mago » assez extraordinaire, une soirée festive dansante 100% typique. Étant donné qu’il faut un costume traditionnel pour y rentrer, aucun touriste garanti.

    Et je pense qu’il vous faudra revenir, car vous avez raté l’événement majeur de l’île : le deuxième plus grand carnaval du monde après Rio en février-mars ! C’est quelque chose.

    • mifuguemiraison dit :

      Effectivement, on aurait bien aimé participer aux bals, mais faute de costumes… Tu ne voudrais pas devenir loueur de costumes traditionnels pour les visiteurs de passage tiens ?

      Et puis la prochaine fois on essayera de venir pendant le carnaval !

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