Mi-fugue, mi-raison

Visiter l’île de Madère, un paradis sur mer

Publié dans la catégorie Madère (Portugal), le 7 mai 2022

Nous sommes des voyageurs faciles à combler. De ceux qui s’émerveillent facilement et s’enthousiasment à tout bout de champ : Oooh !!! Kesseussébôôôôôô !!! Mais, très objectivement, Madère combat dans une autre catégorie. C’est un paradis sur mer, une île de Cocagne, notre définition de la beauté, bref, exactement la destination dont nous rêvions.

N’allez pas croire pour autant que Madère est une, ouvrez les guillemets, « île paradisiaque » avec des eaux cristallines, des transats et des cocotiers. La volcanico-portugaise s’illustre par un relief intense et déchiré, se drape d’une végétation extravagante, se saupoudre de fleurs odorantes, et, telle une diva surgie des profondeurs de l’océan, hurle à ses visiteurs :

Dessin : l'île de Madère

Nous avons passé cinq semaines sur l’île et nous lui avons obéi, avec près de trois randonnées hebdo-Madère (voir notre article 15 idées de randonnée à Madère). Mais ce n’est pas tout, nous avons aussi couvert ses 55km en long en large et en voiture, grimpé à tous ses belvédères, visité ses villages épars, salué ses baleines et écumé ses petits bars sans prétention.

Aquarelle paysages de Madère

– « Dis, tu crois qu’il y aura une poncha à la maracuja au bout du sentier ? »

 

 

Madère en quelques clichés

Madère est souvent surnommée l’île aux fleurs : oh que c’est vrai ! Elles sont partout, naturelles ou plantées, dont des spécimens qui semblent inventés.

Fleur de Bucaré, plante à Madère

On entend parfois parler de l’île de l’éternel printemps : c’est tout aussi vrai, il y fait doux toute l’année. Mais ne commettez pas l’erreur de confondre printemps avec été, c’est-à-dire n’espérez pas trop faire bronzette en plein mois de janvier. Attendez mai, et visez les jours les plus ensoleillés.

Pêcheur à Seixal, Madère

D’ailleurs, nous appellerions plutôt Madère l’île aux nuages. L’océan déverse sans relâche des hordes cotonneuses sur les côtes madériennes, qui ont bien du mal à s’en débarrasser. Cela engendre des scènes surréalistes, des irruptions de brouillard à l’improviste et de fréquentes pluies.

Lever de soleil à Madère : randonnée du Pico Arieiro au Ruivo

Les « picos », au centre de l’île

Madère est l’île des couchers de soleil de folie. Ses envahissants nuages se mêlent le soir à l’astre et aux vagues dans des danses maléfiques qui ensorcèlent toutes les rétines qui traînent.

Coucher de soleil à Sao Vicente, Île de Madère

São Vicente, au nord

L’île du relief extravagant lui correspondrait aussi très bien. L’approche en avion donne le la (ainsi que quelques sueurs froides aux pilotes, paraît-il).

L'île de Madère vue d'avion
Paysage de Madère vue d'avion

Son corollaire est l’île des tunnels. Les habitants se transmettent cette passion depuis des générations et continuent de trouer leur gruyère dans tous les sens pour accélérer les déplacements.

Dessin : les tunnels à Madère

Côté papilles, nous avons fait connaissance avec Madère, l’île des fruits exotiques. Tandis que des bananeraies géantes dévalent ses pentes, nous avons développé une véritable passion pour les boissons au fruit de la passion.

Visite du marché dos lavradores à Funchal

Allez, assez de clichés comme ça, place aux informations concrètes.

 

Une petite géographie simplifiée de Madère

Sur les cinquante-cinq kilomètres qui sépare ses pointes, l’île aurait pu se satisfaire d’un relief de planche à pain. C’est le contraire, elle s’est autorisé toutes les fantaisies. Le centre est presque intégralement hérissé de montagnes culminant à 1862m d’altitude. Les côtes ne sont pas beaucoup plus plates avec des pentes, voire des falaises abruptes, et seulement une poignée de plages, généralement caillouteuses.

 

Carte touristique dessinée de Madère

La population insulaire s’est partagé l’île à l’amiable. Ceux qui aimaient la grisaille ont adopté le nord et les autres, beaucoup plus nombreux, se sont accrochés aux pentes ensoleillées de la côte sud. Les nordistes ont choisi les fougères et la mousse bien verte, tandis que les sudistes ont planté des bananiers, des avocatiers, des patates-douciers et… la majorité des logements pour nous, touristes.

 

Visite de Madère : présentation de l’île, recoin par recoin

Armez-vous maintenant d’un petit calepin, nous entrons dans le détail des villages, points de vue, plages, piscines naturelles, coins à randonnée, etc. Nous partons dans le sens des aiguilles d’une montre. Mince, comment allons-nous faire pour ce qui se trouve au centre ? Allez, nous improviserons.

 

Funchal, toute de noir et de blanc vêtue

Même si la nature madérienne possède un fort pouvoir d’attraction, nous vous conseillons de ne pas zapper la capitale Funchal. Elle offre de quoi flâner un ou deux jours, selon votre rythme, avec une rapide escapade au jardin tropical de Monte sur ses hauteurs. Comme il y a beaucoup à voir et à faire, nous lui avons consacré un article séparé : nos conseils pour visiter Funchal.

Place de la mairie, ville de Funchal

Place de la mairie de Funchal

Jardin tropical du Monte Palace à Funchal

Jardin tropical de Monte

 

Cap à l’ouest, vers Câmara de Lobos et le Cabo Girão

À quelques kilomètres seulement de Funchal, la majestuosité des paysages de Madère nous éclate à la figure. L’ancien village de pêcheurs Câmara de Lobos a conservé ses minuscules barques dans un décor de géants.

Village de Camara de Lobos et Falaise de Cabo Girao Bateaux et jeux en bord de mer à Camara de Lobos

Son nom Câmara de Lobos signifie « baie des loups », en raison de l’ancienne présence d’une colonie de phoques (loups de mer en portugais).

Pour rester dans le loup-phoque, Winston Churchill a laissé son empreinte partout dans le village, simplement pour y avoir fait une halte de quelques heures en vacances.

Churchill à Camara de Lobos Madère

Sur le quai et dans les ruelles alentour, le nombre de bars étonne. N’hésitez pas à (chur)chiller à l’heure de l’apéro pour découvrir l’excellent cocktail Nikita, inventé ici (rhum et boule de glace), ou le Pe de Cabra (vin, bière… chocolat !) pour les plus aventureux.

Visite de Camara de Lobos à Madère
Rue de Camara de Lobos, petite ville de Madère
Cocktails de Madère : Nikita et Pe de Cabra

Câmara de Lobos est surplombé d’une petite colline appelée Ilhéu, qui offre une vue ébouriffante sur le Cabo Girão et sa falaise de 580m, l’une des plus hautes d’Europe.

Mirador Ilheu à Camara de Lobos : vue sur le Cabo Girao

Quelques coups de volant et beaucoup de dénivelé plus tard, nous posons le pied sur son belvédère en plaques de verre. Abonnés au vertige, s’abstenir !

Belvédère de la falaise Cabo Girao à Madère

« Oups, mon paquet de chips. »

Point de vue depuis le mirador du Cabo Girao à Madère

(Vue sur un paquet de chips)

 

Un passage par Ribeira Brava

Cette petite ville n’a rien d’incontournable, mais mérite un coup d’zieux en passant. Nous y repérons une belle église, une balade sur la plage, de nombreux logements pour touristes et une pointe de vie locale.

Vue sur Ribeira Brava depuis le mirador

Le relief, loin de s’être calmé, nous offre ce belvédère (appelé São Sebastião).

Visite de Ribeira Brava à Madère
Bord de mer à Ribeira Brava, Madère
Eglise Sao Bento à Ribeira Brava

Les Madériens s’y connaissent en mignonnes petites églises.

 

Ponta do Sol, le village du (soi-disant) soleil

Cette pointe du soleil, censée être la bourgade la plus ensoleillée de Madère, se fiche bien de nous. À chaque visite, nous la retrouvons sous douze couches de nuages. Pourtant, elle reste l’une de nos étapes préférées de la côte sud !

Visite du village Ponta do Sol à Madère

Nous aimons la plage de galets, la silhouette du bar jaune qui la surplombe, les petits chemins de pierre sur les rochers, les quelques bars de plage, le vieux cinéma style Art déco sous les bananiers, les belvédères cachés dans le village…

Visite de Ponta do Sol à Madère

En soirée, nous recommandons de passer une tête dans une ruelle piétonne (Rua Dr. João Augusto Teixeira), investie par les terrasses de cinq bars-restaurants d’affilée. Parfait pour récupérer des forces après une journée de randonnée.

Terrasses de restaurants à Ponta do Sol

Notre préféré est The Old Pharmacy, dont la sangria blanche et la poncha sont fameuses. Dans l’assiette, d’excellents snacks ou tapas (végé sur demande), que l’on peut compléter avec la carte du restaurant voisin et associé Steak & Sun (curry, frites de patates douces…).

Coucher de soleil à Ponta do Sol, Madère

Quand on vous dit que Madère est l’île des couchers de soleil !

Coucher de soleil à Ponta do Sol, Madère
Si cela vous concerne, Ponta do sol s’est fait connaître récemment comme le « village des nomades ». Un bureau et du wifi, entre autres, sont offerts à tous les télétravailleurs qui y logent.

 

La cascata dos Anjos

Creusées à coups de pioche dans la roche et victimes de chutes de pierres, les plus anciennes routes de Madère ont été une à une fermées à la circulation et remplacées par des tunnels dernière génération. Toutes ? Non, car l’une d’elles résiste.

Depuis Madalena do Mar en direction de Ponta do Sol (et dans ce sens précisément), empruntez la route la plus proche du rivage. Entre deux tunnels peuplés de fuites et de nids de poules, apparaît soudain… une cascade, en plein milieu de la chaussée ! Idéale pour un décrassage de voiture express.

Cascade sur la route entre Madalena do Mar et Ponta do Sol

 

Madalena do Mar : plage de cailloux sous les bananiers

Madalena do Mar est un minuscule village qui n’a pas grand-chose à proposer, si ce n’est un décor. À l’ombre de collines raides striées de cultures en terrasses, s’étend une longue plage rocailleuse.

Aquarelle bananiers de Madère

Ici, nous vous recommandons A Taberna, qui installe ses tables sur les galets. Les cocktails sont bien chargés (2-4€ le verre), à atténuer avec un petit bolo do caco. Hélas, c’est dans ce bar que nous avons assisté à l’élimination de l’équipe de Cristiano Ronaldo du championnat d’Europe de futebol.

Bar sur la plage à Madalena do Mar
Cocktail nikita à Madelena do Mar, Madère

À ce point de l’article, vous commencez à vous questionner : « Suis-je en train de feuilleter un guide des bars de Madère ? ». Rassurez-vous, nous avons d’autres types de conseils en stock.

 

Calheta (chez nous !)

Nous allons prendre davantage de temps pour vous décrire ce coin, car c’est celui où nous logions. Visiteurs de passage, vous trouverez surtout de l’intérêt à la partie basse de Calheta, sorte de mini station balnéaire nichée au pied des falaises. Le béton vient à peine de sécher, mais le rendu est agréable : un calme port de plaisance longé par une rangée de restaurants. Juste à côté, l’une des rares plages de sable de l’île.

Port de plaisance à Calheta Plage de sable à Calheta, Madère

Si vous décidez de rester pour la soirée, le port de Calheta a deux très bons restaurants sous le coude :

  • l’italien Manifattura di Gelato qui vend d’excellentes glaces (la chocolat-piment !), mais pas uniquement. Les plats sont succulents, comme la focaccia aux tomates, herbes et ail, ou bien la caponata sicilienne.
  • l’indo-japonais Buddha & Sakura dont nous validons les dhals indiens, mais aussi les sushis végétariens originaux (mangue, avocat, fraise…), sur place ou à emporter plus près du coucher de soleil.
Coucher de soleil derrière les palmiers à Calheta

Puis, il y a la partie haute de Calheta, beaucoup moins récente, où vivent les Madériens. Les grappes de maisons, entourées de parcelles maraîchères, se partagent toutes la vue sur la mer.

Collines et océan au sud-ouest de Madère

Nous avons dégoté là une maison entière, pour nous tous seuls, calme et parfaitement équipée (jusqu’à 4 personnes, infos et réservation icii).

Vin de Madère en terrasse, sur les collines de Madère

Notre petite terrasse (vin doux de Madère non inclus) avec vue.

Entre Rabaçal et Calheta, sur les collines de Madère

Notre quartier

Dessin : la camionnette du boulangerQuant à nos voisins, nous les voyons aller et venir tranquillement entre leurs parcelles. Sauf lorsqu’ils piquent un sprint pour arriver avant l’eau. Il s’agit de ne pas perdre une goutte du créneau d’arrosage hebdomadaire qui leur est attribué par un très ancien système d’irrigation, celui des levadas. Ces canaux sont chargés de récupérer l’eau de l’humide versant nord de l’île et de la redistribuer dans le sud ensoleillé.

Jardinier et potager à la campagne à Madère Dessin : la tenue typique du Madérien rural
Randonnée sur la levada Ribeira da Janela à Madère

Les levadas font souvent office de sentiers de randonnée tout tracés.

La vie dans un village madérien, c’est aussi :

  • le succès de la terrasse de la supérette, où chacun s’arrête siroter le café et commenter le journal,
  • d’énormes empanadas à prix imbattable le midi, dans un petit restaurant très simple (le Bar Corujeira),
  • la tradition de l’apéro chez Poncha do Lombo doutor (goûtez leur poncha à la tangerine !) en regardant les voitures passer,
  • le pique-nique familial, chaque dimanche sans faute, sur l’une des innombrables tables publiques de l’île.

 

Un coucou aux dauphins et baleines

Ayant remarqué un soir ce qui ressemblait à des souffles de baleines à une centaine de mètres de la côte, nous décidons d’aller les observer de plus près. Quelques agences proposent ce genre d’excursion depuis divers ports de Madère, dont celui de Calheta, ce qui tombe bien.

Excursion observation de dauphins et baleines à Madère

Notre zodiac de douze places fonce vers le dernier lieu où une bande de « dauphins tachetés » a été repérée. Bingo, ils y sont toujours. Une vingtaine d’individus très vifs, qui surgissent et redisparaissent aussi sec. Ils ne sont pas d’humeur curieuse ni joueuse ce jour-là, l’équipage choisit donc de rester à distance.

Baleines et dauphins, voyage à Madère

(C’est frustrant, mais c’est mieux comme ça. Les agences de Madère s’engagent à ne pas déranger les animaux.)

Excursion observation de dauphins et baleines à Madère

Surprise ! Un gang de baleines-pilotes s’approche. Elles n’ont rien du gigantisme d’une baleine bleue, mais sont tout de même deux ou trois fois plus grosses qu’un dauphin. Elles évoluent lentement, s’aèrent en surface, s’enfoncent sous le bateau, ressortent de l’autre côté… Nous les côtoyons une quinzaine de minutes avant de décider que cétacé.

Dauphins et baleines pilotes au large de Madère

Lewis Hamilton et Fernando Alonso, les baleines-pilotes.

Baleine pilote, île de Madère
Observation de baleine pilote à Madère

Nous filons ensuite vers les derniers lieux connus d’un cachalot et d’une autre espèce de dauphins. L’équipage ne ménage pas ses efforts pour les retrouver, en vain. Soit ils sont en plongée, soit ils ont mis les voiles. D’autres espèces migratrices viennent rôder autour de Madère selon la saison : baleine à bosse, baleine bleue, orque, rorquals…

Dessin : observation des baleines

Bilan : nous avons adoré la sortie !

Conseils pratiques pour observer les dauphins et baleines

La réservation est impérative, et si possible plusieurs jours avant en haute saison. Nous avons choisi la compagnie H2O Madeira, au bout du quai de Calheta : 3 départs par jour, durée 2h, prix 40€ par personne. Pour avoir une idée des animaux rencontrés la veille, vous pouvez consulter leur compte Instagram. Si un départ depuis Funchal vous arrange, nous avons repéré cette excursion en catamarani, moins chère.

 

Jardim do Mar, coincé au pied de sa falaise

Sans le retroussage de manches des tunneliers madériens, ce mini village serait resté isolé du reste de l’île. Jusque dans les années 1960, il n’était accessible qu’à pied ou en bateau et il est d’ailleurs demeuré entièrement piéton, les automobiles sont priées de stationner à l’entrée. Résultat, on y trouve une ambiance calme et coupée du monde. Un beau lieu pour se détendre dix minutes en bord de mer, admirer les falaises, puis… repartir, car il n’y a pas grand-chose d’autre à faire, il faut l’avouer.

Eglise à Jardim do Mar, Madère
Oiseau du paradis, fleur à Madère
Fleur rose, voyage à Madère
Maison à Jardim do Mar, Madère
Visite de Jardim do Mar à Madère

 

Paul do Mar, son voisin plus vivant

À Jardim do Mar, nous préférons finalement Paul do Mar, un village allongé sur le rivage tel un serpent de mer et formé de deux parties bien distinctes. Sa tête est un antique pâté de maisons, avec un port, des pêcheurs, les domiciles bien tassés des pêcheurs et les minis bars-restaurants qui abreuvent les pêcheurs tout en leur achetant la friture du jour.

Village de Paul do Mar à Madère

Devant le village, un sculpteur a installé un homme d’acier qui nous montre ses fesses en fixant l’horizon, devenu le symbole de Paul do Mar.

Port de Paul do Mar à Madère

(Non, pas lui, un autre)

De ce côté du village, nous vous recommandons les frites maison du bar O Ideal, ainsi que leur bolo do caco, l’un des meilleurs de l’île (en revanche les boissons sont moyennes).

Bar à Paul do Mar, Madère

L’autre partie de Paul do Mar, la longue queue du serpent, est une plage de cailloux accompagnée d’une ribambelle de maisons touristiques. Deux bars ont fait de ce cul-de-sac l’un des meilleurs coins de Madère pour admirer le coucher de soleil. L’ambiance est à son apogée le samedi soir.

Bar au coucher de soleil à Paul do Mar, Madère

Le Bar da Pedra, en particulier, sert des cocktails qui mettent tout le monde d’accord.

Coucher de soleil à Paul do Mar, Madère
Mirador de Fajã da Ovelha avec vue sur Paul do Mar

Le mirador Fajã da Ovelha, avec vue sur notre serpent do Mar.

 

Ponta do Pargo, le Finistère de Madère

Si vous poursuivez toujours vers l’ouest, à moins que vous n’ayez un véhicule palmé, vous finirez bloqués. C’est la pointe do Pargo. En approchant, les maisons se font de plus en plus rares. Ne reste alors qu’un phare haut comme trois pommes.

Phare à Ponta do Pargo, île de Madère

Nul besoin d’être grand lorsqu’on est juché sur les épaules d’une géante. La falaise, taillée à coup de hache, est parmi les plus fascinantes de l’île de Madère.

Mirador à Ponta do Pargo, paysage de Madère

Coup de hache.

Falaise de Ponta do Pargo à Madère

Re-coup de hache.

Vache, promenade à Ponta do Pargo

Attention m’dame, ne reculez pas trop.

Paysage entre Faja da Ovelha et Ponta do Pargo à Madère

Collé au mirador de Fio, le salon de thé du même nom « O Fio » est une bonne surprise. Il propose des repas, goûters, cakes maison et infusions aux plantes fraîches du jardin. De son parking, vous pourrez rejoindre le phare à pied en dix minutes.

Hibiscus, fleur de Madère
Salon de thé à Ponta do Pargo, Madère

 

Achadas da Cruz et Fajã Quebrada Nova

Si vous n’avez pas encore attrapé de conjonctivite à force d’en prendre plein les yeux, nous avons un autre lieu mémorable à vous montrer à l’ouest de Madère. Achadas da Cruz est un village perché sur un plateau de cent cinquante étages de haut, tandis que son voisin le plus proche, Fajã Quebrada Nova, se situe au rez-de-chaussée. En guise d’ascenseur, l’un des téléphériques les plus raides du monde.

Téléphérique de Calhau, Achadas da Cruz
Fajã de Quebrada Nova à Madère

En bas, ambiance tragique.

Nous vous recommandons très fortement d’y faire un petit tour, avec en option la descente ou la remontée à pied. Plus d’infos sur la randonnée ou sur les horaires des téléphériques à l’étape n°4 de notre article sur les randonnées à Madère.

 

Mirador Ponta da Ladeira à Madère

Un autre point de vue sur Fajã Quebrada Nova, au mirador Ponta da Ladeira sur le chemin vers Porto Moniz.

 

Porto Moniz et ses piscines naturelles

Ça y est, nous voici sur la côte nord de Madère. Cette fameuse terre grise, humide, pluvieuse, brouillardeuse, boueuse, détrempée… STOOOOOOOP ! Regardez, le soleil brille ! Parfois.

Mirador Santinha avec vue sur Porto Moniz, au nord de Madère

Vue sur Porto Moniz

La tendance est certes plus pluvieuse au nord, mais il suffit de viser les jours de beau temps pour en profiter. Pour cela, ne vous fiez pas trop aux imprécises prévisions météo, jetez plutôt un coup d’œil le jour-même à la mosaïque de webcams de l’office de tourisme.

Dessin : la météo difficile de Madère

Nous n’avons que des bons souvenirs de Porto Moniz, où nous sommes retournés plusieurs fois. Son attrait principal consiste en deux grandes piscines naturelles aménagées entre les roches magmatiques. Elles se remplissent automatiquement à marée haute et tiédissent tranquillement au soleil le reste de la journée.

La Velha (= vieille) est gratuite, mais petite et peu aménagée, avec de gros rochers coupants.

Coucher de soleil sur les piscines naturelles de Porto Moniz

La piscina velha, recommandée pour une trempette rapide ou un verre à la terrasse du kiosque, en attendant le coucher de soleil.

Ilheu Mole, petit îlot à Porto Moniz, Madère
Poncha à Porto Moniz, cocktail de Madère

La nouvelle piscine est tout l’inverse : impeccablement aménagée, sécurisée, vaste, nettoyée et payante : 3€ en haute saison, gratuite (seulement le soir, peut-être ?) en basse saison.

Piscine naturelle de Porto Moniz à Madère
Se baigner à Madère : les grosses vagues de Porto Moniz
Coucher de soleil sur la piscine naturelle de Porto Moniz à Madère Coucher de soleil sur la plage de Porto Moniz à Madère

Pour le reste, le village de Porto Moniz présente assez peu d’intérêt. Des croisiéristes débarquent paraît-il par centaines à midi, pour déjeuner dans l’un des trop chers grands restaurants.

 

Seixal, toujours plus de piscines

Seixal ressemble à Porto Moniz, mais en plus confidentiel. Le climat de Madère est si indéchiffrable qu’il fait parfois beau à Seixal et gris à Porto Moniz, à 8km seulement, ou vice versa.

À Seixal, nous aimons :

  • le miradouro do Véu da Noiva, un belvédère presque au niveau de la mer, qui permet d’admirer l’ancienne route côtière, à moitié effondrée, sectionnée par une cascade.
Miradouro do Véu da Noiva à Seixal
  • la plage de sable noir avec surfeurs et vue sur les falaises.
  • la grande piscine naturelle juste à côté, entourée de crabes peureux qui s’éclipsent sous un rocher dès que l’on approche à moins de cinq mètres.
Village de Seixal sur l'île de Madère
Pohutukawa, Plante sur l'île de Madère
Piscine naturelle à Seixal, Madère
  • le Lounge Bar au bord de cette piscine. Ne vous fiez pas à son nom, c’est plus un restaurant qu’un bar. Une sorte de petit bouiboui qui ne se prend pas la tête et cuisine des plats avec simplicité et bonne humeur (le hamburger peut devenir vegan sur demande). Quant aux boissons, elles sont formidables !
  • Plus loin dans Seixal, une autre piscine naturelle vous attend, la « Poça das Lesmas ». Le lieu n’est pas très entretenu, mais propose une eau toute transparente sous une arche de pierre.
Piscine naturelle Poça das Lesmas à Seixal Coucher de soleil à Seixal, île de Madère

 

Le centre ouest : Rabaçal, Fanal, Bica da Cana

Avant de quitter l’ouest de Madère, attardons-nous une minute sur son centre. Ses montagnes se hissent moins haut que les pics de l’est, mais elles n’en sont pas moins exemptes d’interêt. En vivant juste en dessous, à Calheta, nous y passions régulièrement.

Citons d’abord Rabaçal, point de départ d’une série de petites randonnées faciles, puisqu’elles longent des levadas toutes plates. La plus célèbre est la randonnée des 25 fontes, mais celle de la Levada do Alecrim est tout aussi sympathique. La végétation constituée d’arbres tortueux, fougères, genêts et mille autres fleurs forme souvent d’épais tunnels de verdure à travers lesquels les marcheurs déambulent de points de vue en cascades.

Randonnée de la Levada d'Alecrim, Rabaçal

Jetez un œil à notre article sur les randonnées de Madère pour plus d’informations.

Petit avertissement, au cas où vous vous aventureriez de nuit au volant sur le plateau de Rabaçal, trois dangers vous guettent :

  • le brouillard, fréquent en soirée,
  • les vaches-obstacles, qui adorent s’allonger au milieu de la route,
  • les lapins-kamikazes qui foncent vers les phares.

Bref, roulez avec tendresse et délicatesse.

Le deuxième lieu emblématique de cette région est Fanal. Son intérêt est limité quand le soleil fait son beau. C’est lorsque les nuages débarquent que la prairie se spectacularise. Des silhouettes d’arbres torturés surgissent de la brume comme d’un film de Tim Burton.

Fanal entre soleil et nuages, Madère

(Garez-vous au « poste forestier » de Fanal et partez vous perdre en direction des grands arbres.)

Enfin, mentionnons le belvédère de Bica da Cana, sorte de donjon sur la muraille de montagnes chargée de retenir les nuages venant du nord.

Randonnée de Bica da Cana au Pinaculo

Avec un peu de chance, vous survolerez les nuages. Avec moins de chance, vous serez dedans. Nous avons connu les deux versions.

 

São Vicente, le village-pente

Hop, nous reprenons notre description de la côte nord, comme si ce détour n’avait pas existé, et nous atteignons São Vicente. Le paysage, même caché sous un tapis triple épaisseur de verdure, nous estomaque.

Village de São Vicente, au nord de Madère

En arrivant du sud, nous avons un peu de mal à comprendre où se situe le village. Des grappes de maisons s’éparpillent çà et là entre des grappes de raisin. São Vicente est en effet l’une des localités productrices de ce vin de Madère, au goût si particulier.

L’histoire c’est vieux et dépassé mais…

Exportés vers les Indes par bateau, certains tonneaux de vin de Madère ne trouvaient parfois pas acheteur et rentraient au pays. Les Madériens, en les dégustant, les estimaient nettement meilleurs ! Ne sachant expliquer le miracle, les producteurs se mirent à faire voyager des centaines de fûts sous les tropiques, avant de les rapatrier. Jusqu’au jour où ils réalisèrent qu’il était beaucoup plus simple de les chauffer doucement pendant quelques mois.

L’élément le plus visible de São Vicente est une pointe d’église. En la rejoignant sur sa colline perchée, nous nous rendons compte qu’il s’agit juste… d’un large clocher, auquel il manque l’église.

Eglise Capelinha Nossa Senhora Fatima à Sao Vicente

La chapelle Nossa Senhora Fatima

Nous finissons par trouver le vieux centre du village de São Vicente, très mignon dans son genre. Il consiste en deux ruelles et demi, mêlant murs blancs, pierres sombres et terrasses de troquets.

Visite du village de São Vicente à Madère
Boutique à São Vicente, Madère

Au pied de ce patelin pentu, les vagues viennent lécher une petite plage de galets assez quelconque, ainsi qu’une rangée de restaurants que nous n’avons pas testés. Notons aussi une étrange chapelle coincée sous un rocher, entre deux ponts.

Chapelle dans la roche et pont à Sao Vicente, Madère

Nous sommes bien plus emballés, à l’est de São Vicente, par la mini promenade le long de la plage.

Plage à São Vicente, Madère

Coucher de soleil 24 carats

Le soir, une école de surf étale ici des chaises face à la mer, avec au programme : des plats simples (par exemple un risotto végétarien), des serveurs sympas, de la musique des années 2000 et de très bonnes ponchas. Cherchez le restaurant Essência.

 

Sur la côte nord de Madère, entre São Vicente et Porto da Cruz

Le relief de cette région n’est pas juste accidenté, c’est carrément un carambolage avec des dizaines de collines impliquées. De nouveaux tunnels bien droits sont en cours de perçage, mais en attendant, la route joue aux montagnes russes pour le plus grand plaisir de nos yeux éberlués.

Miradouro Sao Jorge, nord de Madère

Madère porte bien son nom (« bois » en portugais).

Nous trouvons ici quelques idées de randonnées, de rares plages de galets noirs comme du charbon et surtout une flopée de belvédères. Il n’y a qu’à suivre les panneaux ou zoomer sur Google Maps pour les débusquer.

Dessin : les Miradouros de Madère

Citons notre préféré, le miradouro da Beira da Quinta, qui offre une vue archiplongeante sur Arco de São Jorge, un énième village niché entre mer et falaise.

Mirador Beira da Quinta, Arco Sao Jorge, nord de Madère

Du côté des randonnées, nous recommandons l’aller-retour entre Arco de São Jorge et Ponta Delgada, le long de la côte de Boaventura.

Randonnée sur la côte de Boaventura à Madère

Nous faisons une halte pour admirer (c’est un grand mot) les casas típicas de Santana. Cette reconstitution de maisons triangulaires traditionnelles nous déçoit un peu. C’est davantage un lieu à selfies et à vente de souvenirs qu’un véritable témoignage historique.

Maison traditionnelle ou casita de Santa à Madère Visite de Santana et ses maisons typiques aux toits de chaume

À Faial maintenant, nous pouvons vous recommander un arrêt rapide au Miradouro do Guindaste, sorte de promontoire au-dessus de la mer, face au village.

Vue sur le village de Faial depuis le mirador de Guindaste Mirador de Guindaste à Faial, nord de l'île de Madère

C’est aussi près d’ici, dans l’une des zones les plus vertes de l’île, au-dessus de Santana, que se situe la superbe randonnée de la levada do Caldeirão Verde. Elle est hélas victime de son succès et nous ne la conseillons qu’aux premières lueurs ou au creux de la basse saison.

Randonnée sur la levada de Caldeirao Verde à Madère

 

Porto da Cruz et son rocher de l’Aigle

Porto da Cruz est un village assez mignon, surmonté d’un énoooooorme bloc de pierre appelé rocher de l’Aigle.

Porto da Cruz depuis le Mirador da Portela à Madère

Vue sur Porto da Cruz depuis le mirador da Portela

La spécialité de Porto da Cruz est le rhum, avec une vieille distillerie toujours active qui se visite gratuitement (la destilaria Engenhos do Norte). Mais qui dit rhum dit canne à sucre. Et nous découvrons que Madère fut, vers l’an 1500, le plus gros exportateur de sucre au monde. Difficile à imaginer de nos jours, puisque nous n’avons pas vu l’ombre d’une canne en cinq semaines. Pas même un canneton.

S’il est possible de grimper sur le rocher de l’Aigle, nous nous sommes contentés de son minuscule voisin, le miradouro do Fortim do Pico qui trône entre les deux plages de Porto da Cruz et offre déjà de jolies vues.

Mirador Fortim do Pico à Porto da Cruz

Si vous vous sentez en forme, les falaises à l’ouest de Porto da Cruz sont le théâtre de l’une de nos randonnées préférées sur l’île. Falaises que nous apercevons au bout de cette photo :

Village de Porto da Cruz, sur la côte nord de Madère

(Au fond, la Boca do Risco. Nous vous redirigeons encore une fois vers notre article de blog sur les randonnées à Madère)

Randonnée dans la montagne près de Porto da Cruz à Madère

Un aperçu de la rando

 

Repasser du nord au sud de Madère par la montagne

Notre tour de l’île n’est pas encore achevé, mais voici deux conseils d’alternatives touristico-montagnardes aux tunnels de l’est de Madère. La première alternative passe par Ribeiro Frio et Poiso, la seconde par Santo da Serra.

  • traverser l’est par Ribeiro Frio et Poiso :

Ribeiro Frio est l’un des lieux les plus humides et froids de Madère. Mais ne prenez tout de suite pas vos jambes à votre protège-cou, car se trouve ici l’un de ses plus beaux points de vue.

Point de vue des Balcoes à Madère, Ribeiro Frio

Le Miradouro dos Balcões, avec des nuages bas qui cachent les picos…

Pinson sur l'île de Madère

… et des pinsons vraiment pas peureux.

La purée de pois au niveau de la route de crête de Poiso nous plonge dans une ambiance de polar, avec en bonus un slalom entre les moutons.

Route de montagne entre Ribeiro Frio et Poiso à Madère Poiso : mouton sur la route dans le brouillard
Moutons à la fougère

Tenue de camouflage

Vous vous souvenez que les Madériens adorent pique-niquer le dimanche ? Eh bien croyez-le ou non, mais nous repérons ici plusieurs familles en train de déballer leurs victuailles, assis sous cette météo brumeuse !

  • autre option, traverser l’est par Santo da Serra, mais le dimanche seulement :

Ce village n’est intéressant que pour son marché paysan. Ne cherchez pas les beaux fruits exotiques pour touristes, à Santo da Serra ce sont les choux et les patates primeur qui priment. Un feu de bois grésille au fond du bâtiment, attendant les énormes brochettes que les clients achètent à un stand et grillent eux-mêmes. Ambiance marché de la Cordillère des Andes (les poules vivantes en moins).

Marché de Santo da Serra à Madère
Marché de Santo da Serra à Madère
Plantes au marché Santo da Serra à Madère

 

Tout à l’est, la pointe de São Lourenço

À quinze kilomètres seulement d’une forêt dense comme un wagon de métro à l’heure d’affluence, la presqu’île de São Lourenço est… quasi désertique. Une marche de près de quatre heures vous attend, sans trop de dénivelé, au cœur de paysages surprenants. Un incontournable de Madère, à voir absolument !

Randonnée sur la pointe Saint-Laurent à Madère

Il ne manque plus qu’un dro-Madère.

 

Santa Cruz et le sud-est 

Ce patelin potelé n’est pas désagréable, mais ne nous a pas fait forte impression non plus. Il semble assez touristique, doté de résidences avec piscines en bord de mer, sans plus d’intérêt pour ceux qui n’y dorment pas. D’autant que les avions en phase d’atterrissage passent tout près.

Ville de Santa Cruz à Madère

Nous avons peu rodé dans les autres villes de cette côte, qui semble plus bétonnée qu’ailleurs. N’hésitez pas à nous faire part de votre avis en commentaire si vous connaissez les charmes secrets qu’elle nous aurait cachés.

 

Les picos du centre-est

Et pour finir en beauté, parachutons-nous sur les plus hauts sommets de l’île, perchés à plus de 1800m par rapport au niveau de la mer et 5000m par rapport au plancher des vaches de mer.

Si vous n’avez du courage que pour un seul lever de soleil à Madère, c’est au Pico do Arieiro que vous devez l’admirer. Et vous n’avez aucune excuse, puisqu’un grand parking s’étale juste à côté. Encore mieux, suivez le début sur le sentier de randonnée vers le Pico Ruivo et gagnez en moins de 10 minutes le Miradouro do Ninho da Manta.

Lever de soleil au-dessus des nuages au Pico Arieiro à Madère Vue depuis le belvédère Ninho da Manta au Pico Arieiro à Madère

La prédiction de la position des nuages n’est pas une science exacte, mais le plus souvent ceux-ci se réveillent patraques au fond de la vallée. Hélas, vers midi, ils retrouvent de la vigueur et squattent le sommet des picos jusqu’à la nuit.

Aquarelle les montagnes de Madère entre les nuages

Nous décrivons la randonnée entière jusqu’au Pico Ruivo, devinez où ? Eh bien sur ce fameux article. Nous y évoquons un autre sentier sur le Pico Grande, avec vue sur la vallée Curral das Freiras.

Randonnée au lever du soleil vers le Pico Grande à Madère

 

Notre avis sur Madère

Nous sommes rentrés emballés par cette destination, l’une de celles qui nous auront fait verser une petite larme en partant, tellement chaque journée nous rendait heureux. Nous avons évidemment flashé sur les paysages grandioses, variés et quadrillés de sentiers de randonnées, mais nous nous sommes aussi roulés dans un tas de petits plaisirs simples, ceux qui font les meilleurs voyages : déjeuners en terrasse, villages paisibles, baignades, pique-niques, apéros face à la mer… Bref, nous recommandons cette destination aux amoureux de nature, ceux qui n’ont pas peur d’essuyer quelques pluies en échange de beaucoup, beaucoup, beaucoup de surprises !

 

Que voir à Madère ? Tous nos conseils sur une carte

Conseils pratiques pour visiter Madère

Se déplacer à Madère

L’île n’est pas très grande (55km sur 25km) et une insoutenable variété de paysages et d’ambiances s’offre à vous en peu de distance. Si vous vous dites « Tiens, si on allait à XXX aujourd’hui ? », la durée moyenne d’un trajet à Madère est d’environ 40 minutes… en voiture. Car oui hélas, pour profiter de Madère, une voiture est rudement conseillée. Elle permet d’atteindre de nombreux lieux mal ou pas du tout desservis par les bus, tels que la plupart des belvédères et certains départs de randonnée.

Nous avons choisi la voiture la plus simple possible (et la moins chère), une Fiat Panda, et nous croisions beaucoup d’autres touristes avec la même. Cependant son moteur était aussi faible que les routes de Madère sont raides, ce qui ajoute une dose de stress dans certaines situations.

Dessin : petite voiture à Madère dans les montées

Nous ne recommandons ce modèle que si vous aimez l’aventure ! L’avantage est qu’il n’est vraiment pas cher. Nous avons trouvé cette mini agence qui proposait une réduction basse saison / longue durée à 400€ le mois, imbattable. En période d’affluence et sur une courte durée, les prix grimpent en flèche. Le plus simple est d’utiliser un comparateur pour trouver le meilleur tarif.

Visiter Madère sans voiture

Si vous vous motivez malgré tout pour une visite de Madère sans voiture, nous vous conseillons de loger à Funchal durant tout le séjour. Ne tentez pas un tour de l’île en plusieurs étapes. Cela vous ferait perdre du temps dans les transports sans pour autant vous approcher des plus beaux points d’intérêt, isolés en pleine nature sans hébergements proches.

Retrouvez plus de conseils sur Madère sans voiture à la fin de notre article sur Funchal, ainsi qu’à la fin de notre article 15 idées de randonnées à Madère.

Où loger à Madère

Voilà un sujet important ! Au risque de nous répéter, nous recommandons plutôt la côte sud, moins grise et moins pluvieuse. Sauf paraît-il durant les mois de juin, juillet et août, au cours desquels une grosse partie des nuages prennent des vacances.

Mais où sur la côte sud ? Nous nous sommes longtemps posé la question, avant de choisir les hauteurs de Calheta. Nous étions ravis de notre choix : une petite maison avec terrasse, au milieu des potagers et bien loin de toute pression touristique. Infos et réservation icii. Nous étions idéalement situés pour rayonner dans toute la partie ouest, admirer de beaux points de vue, randonner dans le long des levadas, avec plusieurs bars et restaurants alentour. En termes de distance, nous étions à 40 minutes de Funchal et à 1h des lieux les plus éloignés comme Porto da Cruz et la pointe de São Lourenço.

Si vous recherchez un poil plus central, mais toujours avec une ambiance de village, Ponta do Sol (voir les hébergements) est une bonne optioni. Il se situe 15 minutes plus proche de Funchal et aussi de l’entrée du tunnel sud-nord. En revanche, les logements sont un peu plus haut de gamme qu’ailleurs.

Si vous ne comptez pas louer de voiture (ou si vous préférez l’ambiance d’une véritable ville) alors la capitale Funchal est faite pour vous. Des bus publics en partent pour atteindre les différentes régions de l’île. En parallèle, des agences proposent des excursions touristiques. Vous trouverez davantage d’informations pour visiter Funchal ici, ainsi que des recommandations de quartiers où loger.

Enfin, il est tout à fait possible de choisir deux points de chute, voire davantage, afin de réduire les durées de déplacement et réinvestir ce temps dans une trempette ou un verre en terrasse.

Parmi les logements au bon rapport qualité/prix, nous avons repéré pour vousi :

  • à São Vicente (nord) : la Casa da Piedade, une chambre d’hôtes au magnifique jardin avec piscine sous les hautes montagnes (~70€ pour deux, petit déjeuner compris).
  • à Ponta Delgada (nord) : un studio de la Casa da Capelinha, avec vue sur l’océan (~65€ le studio).
  • à Porto da Cruz (nord-est) : une chambre chez Madeira Surf Camp, une belle auberge tout près de la plage, avec une sacrée vue depuis le rooftop (~60€ la chambre double).
  • à Funchal (sud-est) : voir nos conseils ici.
  • et bien sûr notre petite maison avec balcon sur les collines de Calheta (sud-ouest, ~73€, jusqu’à 4 personnes).

Le climat de Madère

Comme expliqué plus tôt, l’île possède un climat jamais trop froid ni trop chaud. Le sud est globalement plus ensoleillé que le nord, mais la météo change rapidement, alors tout est possible ! Il faut être souple pour changer ses plans de visite au dernier moment. La mosaïque de webcam de l’office de tourisme vous sera d’une grande aide. Cette météo capricieuse a de bon côtés si vous aimez la photographie : nuages noirs, brume, arcs-en-ciels, couchers de soleil flamboyants…

La saisonnalité est légère. Le mois le plus froid est janvier avec des températures qui oscillent entre 15°C la nuit et 20°C le jour. En août on grimpe à 21 – 27°C, avec quatre fois moins de pluie. Et même si nous ne sommes plus très loin des tropiques, la température de l’eau reste globalement fraîche.

Lauriers fétides à Fanal, Madère

Combien de jours pour visiter l’île de Madère

À notre avis, une semaine est un strict minimum, sinon c’est du gâchis. L’île est certes petite, mais tellement dense que nous vous suggérons plutôt de venir si vous avez 10 à 15 jours devant vous.

Nos coups de cœur résumés

  • Se laisser estomaquer par les paysages : lever de soleil au Pico Arieiro, pointe de São Lourenço, forêts archi vertes, falaises abruptes, arbres tortueux dans la brume de Fanal…
  • Randonner, partout.
  • Siroter des boissons au fruit de la passion dans des cadres mémorables : village de Câmara de Lobos, muret de Paul do Mar, falaise de Ponta do Pargo, galets de Madalena do Mar…
  • Se baigner dans les piscines naturelles de Porto Moniz un jour de vagues ou sur la plage de sable de Calheta.
  • Vivre des émotions fortes : téléphérique d’Achadas da Cruz, excursion dauphins-baleines, franchissement de cascades en voiture et à pied, sentiers pédestres garnis de tunnels et de passages vertigineux…
  • Admirer les couchers de soleil avec vue sur la mer presque tous les soirs !

Guides papier

Nous avons investi dans l’excellent guide de randonnées Rotheri et pioché des infos dans un vieux Petit Futé qui traînait dans notre logement. Sinon, c’est le guide du Routardi qui semble le plus complet. Les guides du Portugal n’intègrent pas Madère.

Voyager avec une agence locale

Nous n’avons pas testé, mais l’agence Evaneos travaille avec diverses agences francophones pour proposer des circuits sur l’île. Il y en a pour tous les goûts : randonnée, promenades, détente… Voir leurs propositions (la demande de devis est gratuite)i.

Choisir entre Madère et Tenerife

La question se pose, puisque ces îles sont à la fois proches géographiquement et paysagiquement.

Nous avons adoré séjourner près de deux mois à Tenerife. Cette île est plus grande que Madère et ses paysages tout aussi variés, mais moins denses. Madère concentre ses beautés, là où Tenerife les dissémine. Avantage donc pour Madère sur ce point. Les possibilités de randonnées sont aussi nombreuses et spectaculaires sur les deux îles. En revanche, ceux qui aiment avant tout se baigner préfèreront Tenerife, qui offre d’énormes plages (et d’énormes stations balnéaires), mais aussi plus de piscines naturelles. Enfin, au niveau de l’ambiance, nous avons aimé les fêtes traditionnelles de Tenerife mais préféré Madère pour tous ses petits charmes au quotidien.

En résumé, si Tenerife était un coup de cœur, Madère est un coup de foudre.

Mi-fugue, mi-raison À propos de nous

Nous sommes deux fugueurs : nous avons changé de vie pour voyager en continu à travers le monde, sans date de retour. Nous avançons au gré de nos envies, sans nous précipiter. Pour en savoir plus, c'est ici.


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  1. Laurent dit :

    Est-ce à dire, si je fais moi aussi un passage de quelques heures à Madère qu’ensuite, quelques années plus tard, l’île débordera de toutes parts de statues de l’Émir du Kiffistan ? 😬
    C’est tendant d’essayer en tout cas, même si les statues ne sont finalement pas érigées !

  2. Alain dit :

    Hey hey ! Mi fugue mi raison 👋
    Superbe article sur Madère, ça donne sacrément envie.
    La nouvelle aventure (www.lanouvelleaventure.com) a aussi repris ses chaussures de randonnée pour 1 mois aux Canaries (Tenerife, El Hierro et La Palma) en Mars avril 22. Effectivement, on retrouve beaucoup de points communs entre Madère et Canaries du sud. Nous avons publié un article par île 😉
    A Vous lire camarades de voyage ☺️

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